Qui était Latude ?

samedi 3 octobre 2015
par  webmestre1
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Né en 1725 à Montagnac dans le Languedoc, de père inconnu et de mère bourgeoise, le jeune homme est d’abord garçon chirurgien dans les armées du roi. Après avoir servi dans la Guerre de Succession d’Autriche comme garçon chirurgien, il mène une vie dissipée à Paris.

Pour se mettre en valeur et obtenir les faveurs de la Pompadour, il invente un faux complot dirigé contre elle : il prépare un paquet piégé qu’il lui fait parvenir, puis la prévient au dernier moment, espérant ainsi recevoir une belle récompense. Malheureusement les choses tournent mal. La police prend l’affaire très au sérieux et s’efforce en vain de déjouer une conspiration qui n’existe pas.

Au lieu d’avouer tout bêtement cette escroquerie, le jeune homme persiste dans ses mensonges. Il est envoyé à la Bastille en mai 1749, puis transféré à la forteresse de Vincennes d’où il s’échappe l’année suivante. Au total, il réussit trois évasions (dont la plus fameuse, de la Bastille, en passant par la cheminée et en se laissant glisser avec un complice grâce à une échelle de corde. La corde étant tressée avec du fil tiré de vêtements qu’il conserve dans une malle et les echelons de bois taillés dans des bûches de chauffage[1]).

Mais il est toujours ramené et son cas s’aggrave donc à chaque reprise. Comme le voulait le règlement, il fut à plusieurs reprises descendu aux cachots, réservés aux prisonniers insubordonnés. Latude raconte comment face à la cruauté de ses geoliers, il trouve son seul réconfort dans la compagnie de rats qu’il apprivoise, puis plus tard de pigeons.

En 1775, il réussit à apitoyer Malesherbes qui l’envoie à Charenton, puis le fait relâcher deux ans plus tard, avec obligation de s’éloigner de Paris. Alors qu’il est à 43 lieues de la capitale, il est rattrapé et ramené en prison, cette fois-ci à Bicêtre, sous le motif d’un vol qu’il aurait commis dans le temps de sa liberté retrouvée. Cette détention sera la plus dure et il attrapera le scorbut avant d’être enfin et définitivement libéré. Il n’en fait dès lors plus qu’à sa tête et reste dans la capitale. Une certaine Mme Legros s’intéresse à lui. Se posant comme victime du despotisme et de La Pompadour, exploitant ses nombreuses années de détention, il réussit à attirer l’attention sur son affaire, se faisant passer pour le fils d’un gentilhomme, le marquis de La Tude.

Lors de la prise de la Bastille, il récupère l’échelle et l’offre en grande pompe à l’Hôtel de Ville (elle est conservée au Musée Carnavalet).

L’œuvre principale de Latude, écrite avec la collaboration d’un avocat du nom de Thiery est Le Despotisme dévoilé, ou Mémoires de Henri Masers de la Tude, détenu pendant trente-cinq ans dans les diverses prisons d’État (Amsterdam, 1787, ed. Paris, 1889). Bourrée d’inexactitudes et d’exagérations, elle connut une grande vogue pendant la Révolution.
Échelle de corde de la Bastille, Musée Carnavalet

Sous la Convention, il obtient des dommages-intérêts que durent payer les héritiers de la Pompadour. Il meurt dans la misère en 1805.

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