Science et technique

samedi 25 janvier 2014
par  webmestre1
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1.1 Définitions

Etymologiquement suicide vient du latin sui « de soi-même » et « cidium » meurtre. Ce terme est utilisé en premier par l’abbé Desfontaines vers 1752 dans le Supplément du dictionnaire de Trévoux, remplaçant l’ancienne expression « meurtre de soi-même ».
L’O.M.S. elle le définit comme un « attentat contre sa propre personne, avec un degré variable dans l’intention de mourir. »
La tentative de suicide est l’acte délibéré par lequel un individu se cause un préjudice physique pour se donner la mort ou obtenir un changement d’état -se soustraire à une souffrance physique ou psychique- mais dont l’issue n’est pas fatale.
Le suicidé est la personne morte par suicide et le suicidant celle ayant tenté de se suicider sans y parvenir.
Enfin on y désigne par conduites à risque les comportements dangereux par lesquels une personne se trouve dans un état proche du suicide, mais où la mort n’est pas recherchée consciemment, par exemple la toxicomanie, l’alcoolisme mais aussi les sports extrêmes, la conduite automobile dangereuse et caetera...

1.2 Statistiques en France (I.N.S.E.R.M.)

1.2.1 Nombre de suicidés en 1990 en France

Age Ensemble Hommes Femmes

< 15 ans 19 14 5
15 à 24 ans 791 607 184
25 à 34 ans 1 706 1 314 392
35 à 44 ans 2 118 1 613 505
45 à 54 ans 1 679 1 203 476
55 à 64 ans 1 651 1 091 560
65 à 74 ans 1 337 895 442
>75ans 2 102 1 441 661

TOTAL 11 403 8 178 3 225

On remarque que le suicide augmente avec l’âge touchant plus les hommes que les femmes.
A noter la forte mortalité des plus de 75 ans et des adultes jeunes.
Depuis quelques années, on observe une augmentation du nombre de suicidés chez les moins de 15 ans, environ 31 cas en 1993.

1.2.2 Place du suicide dans la mortalité générale en France

En 1987 le suicide représentait 2/100 des décès en France, soit 12 161 environ sur un total estimé à 537 466.
Il se situait bien après les maladies cardio-vasculaires première cause de mortalité avec 35/100 des décès soit 186 579, et les tumeurs deuxième cause avec 26/100 soit 139 231.
Néanmoins il a progressé d’un facteur 2 depuis 50 ans, passant de 6400 décès causés par suicide en 1950 à 12 200 en 1990 année où la mortalité par suicide des plus de 75 ans était trois fois supérieure à celle des 15-24 ans.
Il reste dans notre société à la fin du XXe siècle la première cause de mortalité des jeune adultes 25-34 ans et la deuxième cause de mortalité des adolescents 15-24 ans. Ainsi sur 120 000 à 150 000 tentatives de suicide par an en France 40 000 sont le fait d’adolescents, dont 1000 décèderont.
Enfin depuis vingt ans dans la population carcérale le nombre de suicides a augmenté de 100/100.

1.3 Facteurs de risque suicidaire

D’après Epidémiologie du suicide Pr M.L. BOURGEOIS 1996

1.3.1 Facteurs psychosociaux

Sexe masculin, au-delà de 45 ans.
Solitude, célibat, veuvage, divorce, séparation.
Immigrant, appartenance à une culture différente.
Absence d’activité professionnelle, chômage, retraite.
Absence de vie sociale et de loisir.
Environnement social désintégré.

1.3.2 Antécédents

Histoire familiale de troubles de l’humeur, alcoolisme, suicide.
Antécédents personnels de troubles de l’humeur, alcoolisme,
toxicomanie, tentatives de suicide antérieures.
Période initiale d’un traitement psychiatrique.
Semaines suivant la sortie d’hôpital.

1.3.3 Stress et évènements de vie

Séparation, perte, veuvage.
Déménagement, perte d’emploi.
Alcoolisme : complications domestiques et sociales.
Maladie chronique et terminale, handicap du sujet âgé.

1.3.4 Personnalité

Psychopathique, antisociale avec impulsivité, violence, délinquance.
Cyclothymique, « borderline » etc.

1.3.5 Maladie psychiatrique

Dépression, en particulier psychose maniaco-dépressive.
Dépression très récurrente, cycles courts.
Dépression récurrente brève.
Anxiété pathologique (troubles panique).
Alcoolisme, toxicomanie.
Psychose aigüe et chronique.
Démence pré-sénile, état confusionnel du sujet âgé.
Syndrome psycho-organique.

1.3.6 Symptômes particuliers

Dépression : insomnie sévère, négligence de soi, troubles amnésiques,
Perte de poids, ralentissement psychomoteur, abattement, indifférence,
Agitation, retrait social, désespoir et pessimisme, idées et délire d’inutilité,
Idées suicidaires, alcoolisme.

1.3.7 Circonstances de tentatives de suicide

Précautions pour ne pas être découvert.
Préparation soigneuse, mise en ordre des affaires, testament, lettre d’adieu.
Moyen violent à haute létalité.

1.3.8 Facteurs génétiques et psychobiologiques

Dérégulation sérotoninergique.
Charge génétique suicidaire élevée.

Le suicide en France est un enjeu important de santé publique, la connaissance par le médecin de ses facteurs de risque, de sa saisonnalité, de la séméiologie et du traitement des troubles de l’humeur en particulier sont essentiels.
En effet 50 à 80/100 des suicidés selon une étude de M.L. BOURGEOIS en 1996 souffraient des troubles de l’humeur ou de troubles anxieux.

GUZE et ROBINS dans une analyse de 14 études de suivi en 1970 trouvaient un risque suicidaire multiplié par 30 sur la vie pour les patients atteints de maladie maniaco-dépressive.

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