Troisième partie : Expérience de maîtrise du temps

Troisième partie expérience de maîtrise du temps
lundi 12 février 2018
par  webmestre1
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 L'USAGE DU TEMPS TRAITÉ DE CHRONOLOGIE

Troisième partie
expérience de maîtrise du temps

je fais le temps

Le temps est-il la marque de notre impuissance ?

Le temps, notre condition universelle et impalpable est déroulement de tout, d’où sa complexité et la multitude des problèmes qu’il soulève.
Nous devrons donc cerner sa nature pour ensuite savoir, si en le refusant nous n’en faisons pas la marque de notre impuissance et si en l’acceptant, comme Ferdinand Alquié le dit dans le désir d’éternité : ... nous orientant vers l’avenir, et anéantissant nos états dans le passé nous n’en faisons pas l’exact contraire ; nous tenterons alors de savoir s’il existe une attitude de sagesse face au temps, et si les qualités qu’elle requiert sont à notre portée.

Le temps n’est que changement et instabilité, il nous entraîne inexorablement vers le futur, vers ce qui sera, vers un inconnu inquiétant, car c’est au bout de cet avenir que notre mort réside. Le refus du temps répond donc en quelque sorte à notre instinct de survie puisqu’il est le refus de la mort. Les animaux eux possèdent de véritables instincts, sortes de parades à ce qui survient, imparables répétitives et précises , qui sont en eux de leur naissance à leur mort.
Ils sont donc préadaptés aux éventualités, donc au futur, ne pouvant craindre le temps car n’en ayant pas conscience et donc n’ayant pas conscience de leur mort. L’instinct dans ce qu’il a d’immuable est donc éternel.

L’animal est immanent à son milieu, il ne fait qu’un avec lui, mais il l’est également au temps car il n’en a pas conscience, l’homme lui, nait sans instincts et ne possède qu’une raison potentielle qu’il devra alimenter de son expérience.

Il est en parfaite inadéquation avec le temps, élevé par sa conscience au dessus de celui-ci, il lui est transcendant, et là est son malheur, son angoisse due à l’appréhension de l’avenir incertain, mais paradoxalement là est aussi sa grandeur. L’homme craint le futur car il est imprévisible et qu’il ne dépend pas seulement de lui.
Le temps limite donc l’action de l’homme qui attend le futur, car face à de multiples possibles sa conscience est paralysée. Il a peur de faire le mauvais choix, et ensuite une fois le choix déterminé il est susceptible de le regretter :
le choix mutile sa liberté, on saisit alors la différence d’avec la réaction instinctive de l’animal. Alors, le fait même de vivre met à chaque instant notre vie en danger. Le futur en tant qu’incertain nous effraye et ne nous satisfait donc pas. Nous nous tournons alors vers le passé, certain lui, c’est notre vécu, et nous pouvons nous le rappeler dans chaque détail grâce à la mémoire et au souvenir. Notre mémoire peut elle même aller jusqu’à nous faire revivre, dans le présent notre passé qui nous rassure.
En effet si dans le futur se trouve notre mort, dans le passé il n’y a que notre être, comment ne pas préférer le vécu, vivant, à l’avenir qui nous limite car chaque minute qui passe nous rapproche un peu plus de la mort. En refusant le temps et le changement qu’il apporte, nous fuyons l’avenir, souhaitant voir le présent s’éterniser en retrouvant notre passé, perdant ainsi l’initiative de l’action dans le futur, nostalgiques et inactifs la passion nous envahit alors. La passion focalise la vie du passionné sur ce qui le passionne : l’amoureux passionné ne pense qu’à retrouver celle qu’il aime, ne vit que par elle.

Ferdinand Alquié dans le Désir d’éternité dit : les émotions de notre enfance gouvernent notre vie, le but de nos passions est de les retrouver. Cf Freüd. Tels que Marcel Proust, l’évoquant dans Albertine disparue, marqués par l’amour maternel dès notre naissance, notre mère nous donne le sein puis nous dorlote, mais bientôt nous grandissons et elle nous enseigne les règles de la vie en société et nous éduque en nous apprenant le bien, le mal, l’interdit, de façon à nous rendre autonomes. Toute notre vie, nous rechercherons ce bonheur de l’immanence originelle, en une femme maternelle et douce, tel Proust Albertine, et cette immédiateté perdue. C’est cela le retour vers le passé rassurant, vers ce qui nous forgea.

La passion est donc immédiateté, elle est bonheur et oisiveté, inactivité et dépendance, elle est alors refus du temps, et nous empêche d’aller de l’avant, marquant ainsi notre impuissance, alors : ce que nous avons été s’impose à ce que nous sommes, nous interdit de devenir ce que nous devrions être nous révèle Ferdinand Alquié.
Alors que l’espace peut être modifié par l’homme, un objet que nous déplaçons peut retrouver sa place initiale, le temps lui s’écoule en sens unique de façon inéluctable et l’homme face à cette impossibilité à le remonter et à le modifier use de sa mémoire et de ses souvenirs. Le temps est irréversible et c’est ce que nous lui trouvons de terrible, insatisfaits par nos actions passées, impuissants à les modifier, nous sommes pleins de remords face au temps qui nous effraye par ce qu’il a d’immuable.
C’est cette angoisse du temps et de la mort imminente que nous dit L’Horloge de Charles Baudelaire, et cette possession du remords dans l’irréparable. C’est ce retour incessant, inquiet de l’avenir qu’il exprime : trois mille six cent fois par heure, la seconde chuchote souviens -toi.

Mais l’attitude qui consiste à ne voir dans le temps que l’approche de notre mort serait une erreur. Le temps est en effet changement perpétuel : le présent bascule sans cesse dans le passé et le futur dans le présent, le présent n’étant qu’une charnière mouvante entre passé et avenir. Le temps nous permet en effet de nous accomplir, tant physiquement qu’intellectuellement, et de mûrir en nous parfaisant. Dès la naissance nos facultés ne demandent qu’à s’épanouir et à se développer par l’expérience au cours du temps. Ne dit-on pas même que l’exercice philosophique nécessite de la patience et du temps ?

Le temps nous est imposé mais nous pouvons évoluer par notre propre volonté dans l’avenir. Il est instabilité et mouvement, il est l’essence même de la vie, inconcevable sans mouvement ni évolution, donc sans temps.
Ainsi l’acceptation du temps nous délivre de l’angoisse et du remords, stériles et fait place au contraire à une attitude plus positive qui est la marque de notre adaptabilité et de notre intelligence à l’aide de nos expériences vécues, dont nous tirons partie ; nous pouvons réagir au mieux face à un avenir incertain. Cette réaction est supérieure à l’instinct stéréotypé de l’animal dont le défaut est justement d’être toujours d’être toujours le même, et si nous ne maîtrisons pas le cours du temps, nous n’en sommes plus esclaves car nous agissons dans le futur, en fonction du temps, volontairement.

Refuser le temps, nous l’avons vu, entraine le déséquilibre de la passion que nous subissons, or si nous cherchons la sagesse c’est plutôt dans un équilibre que nous trouverons la réponse. En effet refuser le temps c’est se tourner vers le passé, vers le rêve donc vers l’erreur. Nous ne sommes plus conduits par notre volonté mais par nos tendances, celles de nos passions. Ce que nous devons rechercher est exactement le contraire, c’est justement de mener notre vie par notre propre volonté, et pour cela il faut accepter le temps. Mais accepter le temps c’est accepter la part de risque qu’il comporte.
Il faut réussir à vivre en ayant conscience de l’incertitude de l’avenir, des aléas du futur, des surprises bonnes ou mauvaises qu’il nous réserve.
Pour cela il ne faut plus croire à l’éternité, tel le passionné, qui s’attache à l’instant présent et veut le fixer, ce n’est que pure utopie, pour cela il faut avoir conscience de ses limites, les admettre, se connaitre soi-même et selon Pindare : Ô mon âme n’aspire pas à la vie immortelle mais épuise le champ du possible. La recherche d’un absolu inaccessible, comme l’éternité nous empêche de vivre pleinement l’instant présent, et fait de nous des esclaves du temps.
L’homme, tour à tour, le recherche, le perd, le prend, le gagne et le retrouve, mais le plus souvent il craint le temps, comme l’instrument de sa fin, comme limite à son action future.
La conception cyclique des grecs du temps, du progrés à l’apogée au déclin puis du retour au progrés, montre la dualité du temps qui à la fois nous construit mais aussi nous détruit. Pourtant il ne tient qu’à l’homme de profiter du temps, mais pour un être conscient, le poids du savoir de sa mort, n’est-il pas trop lourd à porter ?

Rien n’est un, ni déterminé, ni qualifié de quelque façon que ce soit et c’est de la translation, du mouvement et de leur mélange réciproque que se forment toutes les choses que nous disons exister, en nous servant d’une expression impropre, puisque rien n’est et tout devient toujours. Platon Thèétète.
Le temps, en effet, change la nature de tout, en toutes choses à chaque état un autre nécessairement succède, rien ne reste semblable à soi, tout se métamorphose ; la nature change sans cesse et contraint toutes choses à changer.
Lucrèce De natura rerum V. 826 :

Finalement, il n’y a aucune constante existence, ni de notre être ni de celui des objets. Et nous et notre jugement et toutes choses mortelles vont coulant et roulant sans cesse. Ainsi il ne se peut établir rien de certain de l’un à l’autre, et le jugeant et le juge étant en continuelle mutation et branle. Nous n’avons aucune communication à l’être parce que toute humaine nature est toujours au milieu entre le naître et le mourir, ne baillant de soi qu’une obscure apparence et ombre et une incertaine et débile opinion. Et, si de fortune vous fichez votre pensée à vouloir prendre son être, ce ne sera ni plus ni moins que qui voudrait empoigner de l’eau....
Montaigne Essais L. XII, 12
La fleur de l’âge se meurt et passe quand la vieillesse survient, la jeunesse se termine en fleur d’âge d’homme fait, l’enfance en jeunesse, et le premier âge meurt en enfance, et le jour d’hier meurt en celui du jourd’hui, et le jourd’hui mourra en celui de demain ; et il n’y a rien qui demeure ni qui soit toujours un.
Car c’est chose mobile que le temps qui apparaît comme en ombre, avec la matière coulante et fluante toujours, sans jamais demeurer stable ni permanente.
Montaigne Essais L XI, 13.
Aimez ce que jamais on ne verra deux fois nous dit Alfred de Vigny dans La maison du berger, vers 308.
Ces préceptes singuliers (la fidélité que suppose le mariage), je les trouve opposés à la nature, contraires à la raison (...). Contraires à la nature, parce qu’ils supposent qu’un être pensant, sentant et libre, peut être la propriété d’un être semblable lui (...). Contraires à la loi générale des êtres. Rien en effet te parait-il plus insensé qu’un précepte qui proscrit le changement qui est en nous, qui commande une constance qui n’y peut être, et qui viole la nature et la liberté du mâle et de la femelle en les enchaînant pour jamais l’un à l’autre ; qu’une fidélité qui borne la plus capricieuse des jouissances à un même individu ; qu’un serment d’immutabilité de deux êtres de chair, à la face d’un ciel qui n’est pas un instant le même, sous des antres qui menacent ruine, au bas d’une roche qui tombe en poudre, au pied d’un arbre qui se gerce, sur une pierre qui s’ébranle.
Diderot : Supplément au Voyage de Bougainville O C t. p. 216
Sygne : Vous vous croyez fort et fin, parce que vous prenez le vent et le courant. Mais celui-là seul est solide qui s’appuie sur les choses pemanentes.
Turelure : Et quoi de plus permanent que le changement même ! Paul Claudel l’Otage.
G. de Coûfontaines : Tout cela m’a menti, tout cela a fui... ; moi, du moins, dans cette chute de tout, je reste le même.

Claudel l’otage.
J’éprouvais un sentiment de fatigue à sentir que tout ce temps si long non seulement avait sans une interruption été vécu, pensé, sécrété par moi, qu’il était ma vie, mais encore que j’avais à toute minute à le maintenir attaché à moi.
Son accident (du temps) est de couler mais son essence est de conserver.

Les anciens prétendaient nous libérer du temps par l’exercice de la pensée ; ils nous proposaient une conversion mentale qui ne laissait subsister du monde que des rapports nécessaires entre des essences devant lesquelles la conscience personnelle devait s’effacer. Pour les modernes, le réel est une histoire fondée sur des actes de liberté ; la personnalité se forme peu à peu dans le temps ; et l’éternité au lieu de la détruire, l’accomplit. Lavelle.

Le futur, à l’origine, c’est le devant être, c’est ce que je n’ai pas et ce dont j’ai désir ou besoin, c’est ce que je travaille à posséder ; comme le présent se ramène à l’activité consciente et jouissant de soi, le futur se ramène à l’activité, tendant vers autre chose, cherchant ce qui lui manque... L’avenir, ce n’est pas ce qui vient vers nous mais ce vers quoi nous allons. Guyau La genèse de l’idée de temps.
Le temps est-il la marque de notre impuissance ?
Notre expérience quotidienne nous montre que tous les phénomènes se déroulent dans le temps. S’il ne nous est pas permis de percevoir en dehors du temps c’est que selon Kant, le temps est la condition formelle à priori de tous les phénomènes en général. Le temps ne serait donc omniprésent que parce qu’il est une structure de la conscience.
Pourtant le temps n’est pas ressenti par la conscience seulement comme un élément qui lui est intérieur et dont elle est solidaire.
La conscience ressent le plus souvent le temps comme un scandale, une menace, un danger contre lequel elle ne peut rien. Car le temps se manifeste comme une extériorité irréductible à la conscience dans la perception du changement.
Le changement est la marque objective du temps. Il y a du changement. C’est une évidence incontestable.
Ce qui est, cesse d’être, ce qui n’est pas commence d’être.
Mon propre état change. Les objets changent. Et tous ces changements s’inscrivent dans la matérialité de l’existence. La radicalité du changement est celle du passage de l’être au non-être ou du non-être à l’être, de la naissance ou de la mort. Contre cette radicalité-là la conscience ne peut rien et son impuissance lui fait paraître qu’elle est un néant face à la puissance du devenir. Car ce n’est pas tant le changement qui effraie la conscience que ce que le changement a d’essentiel par rapport au temps.

Considéré par rapport à l’espace nul changement n’est définitif : l’espace est bien plutôt ce par quoi je peux m’opposer au changement. Je me déplace de Paris à Bordeaux et, pour retourner à mon état initial, je n’ai qu’à me déplacer dans le sens Bordeaux-Paris. Je refais ainsi ce que j’ai défait. Mais le changement dans le temps ne peut être aboli par un échange de mouvement. L’espace est homogène, tous ses points sont identiques.
Le temps est hétérogène, chaque instant est différent du suivant, et aucun retour à l’identique n’est possible. Certes, pourrait-on dire, si les présences deviennent des absences, il est aussi vrai de dire que, parfois, les absences laissent place à des retours. Mais de nul retour on ne peut dire véritablement qu’il nous rend la présence ancienne. Jamais il n’y a de retour à l’état initial : ce n’est plus ni la même place, ni la même ville, ni le même homme. Moi à cette heure et moi tantôt sommes bien deux écrit Montaigne. Je ne suis plus le même parce que chaque instant dépose en moi une marque, si infime soit-elle, d’un changement. Le temps se confond avec ce que le changement a d’essentiel.

Tout changement a un caractère irréductible et définitif. Toute seconde supplémentaire a quelque chose d’irréductible et de définitif. Non pas en ce sens que ce changement serait le dernier, que cette seconde serait la dernière.
Mais bien au contraire parce que l’existence de ce changement suppose la disparition de l’état précédent, de même que le changement suivant fera disparaître l’état nouvellement produit sans espoir de retour ni pour l’un ni pour l’autre. A un changement peut bien succéder un autre changement, le caractère irréductible du changement n’en n’est pas mis en cause pour autant. Au contraire, son effet est démultiplié par rapport à la conscience qui sent alors que tout s’écroule sans espoir de ne rien retenir, pas même l’instant, pas même l’identité dans l’instant. Nous sommes et nous ne sommes pas proclame Héraclite.
Mais cette interprétation héraclitéenne du temps et du changement n’est rien d’autre que l’illustration poussée à l’absurde du fait que le temps ne revient pas sur ses pas. Si tout changement possède un caractère irréductible c’est, en définitive, parce que le temps possède un caractère irréversible. Le temps se manifeste dans l’irréductibilité des changements : il est le caractère qu’ont les changements d’être irréversibles. Le temps est ce qui se passe malgré moi, sans que je puisse rien sur son écoulement. Il est ce qu’il y a d’irréductible et de définitif parce qu’il inscrit par le changement dans la matérialité des choses sa signification profonde : être non seulement irréversible mais l’annonce de l’irréversibilité même qu’est la mort.

Or l’irréversibilité du temps n’est pas seulement l’annonce de ma mort, elle mine ma vie de l’intérieur, par de petites morts incessantes. Elle me montre mon existence actuelle comme une quasi inexistence, toujours au milieu entre le naître et le mourir écrit Montaigne dans les Essais, notre existence déjà hantée par le non-être. L’irréversibilité du temps ne fait pas non plus que nous condamner d’avance, nous rappeler dans chaque changement cette condamnation, elle inscrit notre vie même sur fond de néant. Si chaque seconde est l’enregistrement d’un changement irréductible, alors il n’y a aucune constante existence ni de nous-mêmes ni des objets écrit Montaigne. Notre existence est une apparence dont la vérité est le néant.

Le temps, marque de notre impuissance, l’espace de notre puissance...



Emmanuel Kant. Penseurs cités

Bergson

Saint Augustin

Schopenbauer

William Shakespeare : Lady Macbeth.

Blaise Pascal

Charles Baudelaire.

André Gide.

Molière : Don Juan.

Ferdinand Alquié : le désir déternité

Marcel Proust.

Sigmund Freüd.

Platon : Le Thèétète.

Lucrèce.

Montaigne : Essais L. XII, 12.

Alfred de Vigny : La maison du berger, vers 308.

Diderot : Supplément au Voyage de Bougainville O C t. p. 216.
Paul Claudel : l’Otage.

G. de Coûfontaines.

Lavelle.

Guyau : La genèse de l’idée de temps.

Imprimé par Guillaume POHU en août 2014
82, cours Georges Clémenceau
33000 BORDEAUX

© 2014 pour Marie-Christine MOREAU
(La part des anges éditions)
Prats
24230 Saint-Seurin-de-Prats
T. 05 53 27 32 12
P 06 08 01 18 34

ISBN 978-2-9542503-80 Prix :

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