L’homélie du curé de Montaigu

vendredi 24 juillet 2015
par  webmestre1
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Le PELETIER D’AUNAY Curé Doyen de MONTAIGUT.

Montaigut, le 17 septembre 1944

Mes frères,

Le 7 Août dernier, je partais à 6 heures du matin pour aller prendre le train à LAPEYROUSSE, lorsque, à la sortie de MONTAIGUT, je rencontre un barrage d’Allemands avec fusils et mitrailleuses ; ils m’arrêtent en me retenant dans un pré le long de la route.

Le beau-père d’un des malheureux fusillés d’aujourd’hui se trouvait là aussi, avec sa voiture et quelques personnes qui allaient également prendre le train : cheval, voitures, cyclistes, passants, tous furent retenus, et bien gardés, ma foi, pendant plus d’une heure et demie.

Les soldats allemands nous ont fait croire qu’ils attendaient un convoi qui passerait bientôt, et qu’ensuite, nous serions libres. Nous étions loin de nous douter du drame qui se jouait à quelque distance de nous. Effectivement, vers 7 heures 45, on nous dit de rentrer chez nous, et c’est alors que nous apprîmes l’affreuse tragédie qu’avait accomplie la barbarie nazie.

Vous savez comment Henri JEUX, Instituteur, qui occupait ses loisirs de vacances à servir les Forces Françaises de l’Intérieur, et dont nous célébrons l’Office de quarantaine demain à 10 heures, en cette église, a été lâchement assassiné à la place de son beau-frère, le docteur MICHEL.

Vous savez comment sept personnes, quatre femmes et trois hommes, ont été emmenés en captivité ce jour-là. Les trois hommes ont été sauvagement martyrisés et fusillés quelques jours après trente neuf de leurs camarades. Tous ont été victimes de leur devoir.
L’un, Eugène MEUNIER, n’avait pas voulu livrer aux affameurs de Français tout le bétail qu’il prétendaient exiger, même au prix fort.
Jean CUBlAC avait passé la nuit à accomplir une mission, périlleuse pour la Résistance, et à peine en avait-il rendu compte, qu’il repartait avec son camarade Raymond DECANNE pour une autre mission. Ne sachant pas ce qui se passait à MONTAIGUT, insouciant du danger, ils avaient, paraît-il, un revolver sur eux et ils tombaient malencontreusement sur des Allemands qui les emmenaient et les massacraient quelques jours après.

Tous les quatre furent donc victimes de la fureur allemande, tout simplement parce qu’ils avaient accompli leur devoir de français.

Aujourd’hui, nous les honorons comme des braves. Mais, nous prions surtout pour le salut de leur âme. Puisse leur sacrifice n’avoir pas été vain.

Pour eux, d’abord, puisse dieu leur avoir fait miséricorde et leur avoir accordé dans le ciel la paix à laquelle ils aspiraient, et qu’ils n’ont pas connue sur la terre.

Puisse leur sacrifice n’avoir pas été vain pour Nous, pour la FRANCE, pour l’Humanité ; et obtenir de Dieu pour les générations futures, une Paix basée sur la Justice, sur la Fraternité et l’Amour des hommes entre eux.

Paix qui sera comme un avant goût de la Paix éternelle promise aux hommes de bonne volonté.

Requiem aeternam dona eis, domine.

Seigneur, donnez-leur le repos et la paix éternelle,

AMEN.


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