La France de 40 à 45, Michèle LAVÉDRINE

vendredi 24 juillet 2015
par  webmestre1
popularité : 16%

RAPPELS HISTORIQUES

de l’Armistice de 1940 à la Libération de 1945

L’Armistice de 1940

L’armistice franco-allemand signé à RETHONDES le 22 juin 1940 Les conditions sont sévères :
• Les deux tiers du territoire livrés à l’occupation de l’ennemi,
• L’armée démobilisée,
• Les réfugiés allemands livrés aux nazis,
• Les prisonniers français maintenus en captivité. Malgré tout la FRANCE garde un territoire, un gouvernement, son empire et sa flotte. Mers-el-Kebir

Aux yeux des Anglais, l’effondrement de la France et les négociations d’armistice rendent nécessaire la concentration de toutes les forces capables encore de se battre pour la défense de leur île. La flotte française devient ainsi un important enjeu et un risque pour l’Angleterre.

Le 3 juillet, débute l’opération « CATAPULT ». Les navires français ancrés dans les ports britanniques sont pris par surprise, à l’indignation des équipages.

À Alexandrie, ils sont neutralisés. Mais, dans le port de MERS-EL-KEBIR, près d’ORAN, le gros de la flotte se trouve au mouillage. L’amiral GENSOUL, approuvé par son gouvernement, rejette l’ultimatum anglais lui
enjoignant soit de se joindre aux forces britanniques, soit de gagner un port britannique, soit de se saborder. Sur ordre et contrairement aux lois de la guerre sur mer, l’amiral anglais SOMERVILLE canonne
les bâtiments, incapables de riposter. On dénombre mille cinq cents morts. Un seul navire, le cuirassé STRASBOURG, parvient à regagner TOULON par ses propres moyens. Ce drame eut des répercussions considérables sur l’opinion française : apparaissant, aux yeux de beaucoup, comme une confirmation de l’égoïsme britannique, il justifiait, aux yeux de certains, la collaboration avec l’Allemagne.

L’Occupation Allemande

Les Allemands occupèrent les trois quarts de l’EUROPE.

La FRANCE fut divisée en quatre zones.
• La zone annexée l’Alsace et la Moselle deviennent parties intégrantes du IIléme REICH.
• La zone interdite concernait des départements du Nord et du Pas-de¬Calais, la frontière espagnole, et les zones côtières où s’édifiait le « Mur de l’Atlantique »,

Ces zones étaient directement soumises à l’occupation allemande. Tout déplacement y était interdit.
• La zone occupée, environ les trois cinquièmes du nord du territoire français étaient administrée par l’occupant tant sur le plan militaire, policier, administratif, qu’économique. Une ligne de démarcation séparait les zones occupée et libre.
• La zone libre, sans contrôle allemand, c’était le sud de la FRANCE, les colonies et départements d’outre-mer, elle était administrée par le gouvernement français installé à VICHY.

Après le débarquement anglo-américain en AFRIQUE du NORD, la zone libre fut envahie par l’armée allemande, le 11 novembre 1942.

L’occupant allemand commence alors une politique de réquisition et de pillage systématique : céréales, fourrages, pommes de terre, bétail. Les trésors artistiques sont pillés sur l’ordre de GOERING, grand amateur d’art.

Enfin, l’occupation allemande suscite l’utilisation du système des otages pour lutter contre la Résistance.

Le Gouvernement de VICHY

Le gouvernement du maréchal PETAIN, qui s’est installé à VICHY, en zone libre, se fait accorder les pleins pouvoirs par les Chambres, le 10 juillet 1940 : c’est la chute de la Ille République et l’avènement de l’ÉTAT FRANÇAIS.
Pour PETAIN, chef de l’ETAT, c’est l’occasion de procéder à une « révolution contemporaine », s’inspirant du fascisme, du national-socialisme, et du franquisme, sous la devise « Travail, » « Famille » « Patrie »

L’obéissance à VICHY

La culture d’un fonctionnaire de l’époque est « d’obéir sans se poser de questions ». On compte environ 700.000 fonctionnaires à la veille de la seconde guerre mondiale, mais cette appellation recouvre des professions extrêmement diversifiées, qui vont des ouvriers des arsenaux aux employés des ministères, et des instituteurs aux préfets.

Le pays est en outre le siège de luttes politiques, ayant pour enjeu la syndicalisation, qui atteint son apogée à l’époque du Front populaire.

C’est aussi un monde qui incline vers la modération politique, sans doute de sensibilité plutôt radicale-socialiste. Notons tout de même la forte diffusion, avant-guerre, d’un journal comme L’Action Française, qui distille anti-sémitisme et xénophobie.

« L’administration subit, comme tout le monde, le choc de la débandade en mai-juin 1940 » : l’exode est le sort de tous les Français.

Beaucoup de maires, de préfets ont quitté leur poste, d’autant que l’administration de VICHY leur en laissait le choix sans autre risque que de nuire à leur carrière.

En outre, 26.000 fonctionnaires sont prisonniers des Allemands, après l’armistice. Il s’agit, pour la plupart, d’hommes jeunes.

La composition de l’administration de VICHY s’en ressent. Elle rassemble des fonctionnaires relativement plus âgés, plus nourris des souvenirs de la première guerre mondiale.

La culture d’un fonctionnaire de ce temps est d’obéir sans se poser de questions.
Mais, autour de ce thème, on observe effectivement des variations, qui dépendent non seulement de la chronologie et des aléas du conflit, mais également de la matière que l’administration traite.

Une césure intervient à la mi-avril 1942 avec le retour de Pierre LAVAL aux affaires.

  • Celui-ci, en effet, ne prend nullement au sérieux la « révolution nationale », c’est-à-dire le redressement moral et spirituel mené jusqu’alors par l’entourage du maréchal PETAIN. Non que, comme l’ont prétendu ses défenseurs, LAVAL ait eu la moindre intention de « républicaniser » à nouveau l’administration ni de mettre un terme aux épurations : il cherche simplement à faire d’un système subtil de dérogations aux dites épurations une monnaie d’échange pour s’assurer obéissance et clientèle.

VICHY dépasse ainsi le cadre de la stricte application de l’armistice, pour se placer dans le sillage les nazis.

Le Maréchal PETAIN jusqu’en 1942

PÉTAIN PHILIPPE (1856-1951)

Philippe PETAIN sortit de SAINT-CYR en 1876. Il était colonel commandant un régiment d’infanterie à ARRAS à la déclaration de guerre de 1914. Promu général, il commande la 6e division dans le 33e corps d’armée en Champagne, puis un corps d’armée en Artois.

En février 1916, on lui confie le secteur défensif de VERDUN. Sa présence exceptionnelle parmi ses soldats fit de lui un héros national : le « vainqueur de VERDUN ». En 1917, il réussit à calmer les mutineries, en améliorant l’organisation et l’intendance, et en évitant les tueries inutiles « PETAIN ménage le sang des hommes JJ.

En 1925-1926, il est envoyé au MAROC, où il réprime la rébellion d’ABD-EL-KRIM. 

En février 1934, DOUMERGUE fait de lui son ministre de la Guerre.

Le 18 mai 1940 Paul REYNAUD le fait entrer dans son cabinet comme vice-président du Conseil.

Le 17 juin, le président de la République confie à PETAIN le soin de former le dernier gouvernement de la Ille République :

L’Armistice entre en vigueur le 25 juin 1940.

La popularité du maréchal, vainqueur de VERDUN, est alors considérable.
Dans l’instant, sa politique reçoit une approbation quasi unanime de l’opinion et du monde politique : Léon BLUM l’appelait « Le plus noble et le plus humain de nos chefs militaires ». L’activité de PETAIN tend d’abord à préserver, face au vainqueur, ce qu’il juge l’essentiel :
• L’indépendance de l’ÉTAT FRANÇAIS,
• L’inviolabilité de l’empire et de la flotte.

L’équipe du Maréchal

En provenance de l’extrême droite, et surtout de l’Action Française, (colonel de LA ROCQUE) l’équipe qui entoure Philippe PETAIN est composée de militaires, de « techniciens » issus de la haute administration, et d’hommes d’affaires puissants. Elle a le soutien total de l’Église. Les syndicats ouvriers sont dissous, la grève interdite, la Charte du travail (4 octobre 1941) crée un syndicalisme officiel, obligatoire.

La Légion française des combattants doit encadrer et surveiller les Français. Des catégories entières de Français sont exclues de la communauté nationale, en vertu de leur appartenance
• Politique (communistes),
• Idéologique (francs-maçons),
• Raciale (juifs),

Elles font l’objet d’une législation appropriée (Statut des juifs en octobre 1940) et de mesures policières (rafles de l’automne 1940 contre les communistes et les syndicalistes).

L’extension du pouvoir des préfets, leur droit à promulguer l’internement administratif fait naître en FRANCE des camps d’internement (Saint-Sulpice-Ia-Pointe), dans le Tarn ; Saint-Paul¬d’Eyjeaux, dans la Haute-Vienne ; Gurs, dans les Pyrénées-Atlantiques.).

Les prisons sont surpeuplées et de lourdes condamnations, parfois à mort, sont prononcées contre les opposants.
Le régime embrigade la jeunesse dans des mouvements de jeunesse maréchalistes et par l’organisation des Chantiers de la jeunesse.

L’État fasciste

Le gouvernement de VICHY liquide la plupart des institutions héritées du libéralisme classique. Ses bases sociales, son idéologie, ses manifestations répressives, sa politique économique et sociale sont comparables à celles des Etats fascistes voisins.

La complicité française dans la politique antijuive.

Encore aujourd’hui les avis sont partagés.
Jean-Michel DUMAY dans un article paru dans Le Monde récemment accable VICHY :
Escomptant sauvegarder une indépendance chimérique, l’Etat français a prêté sa police et son administration à la barbarie nazie, mais la législation antisémite ne dépend pas d’instructions de l’occupant allemand, elle est du seul fait de VICHY, ainsi le mythe de Il l’Etat captif Il relayant les lois de l’occupant.
Les toutes premières mesures antijuives adoptées par VICHY sont le fruit d’un antisémitisme issu de la Ille République, et l’expression d’un rejet global de « l’étranger », rendu responsable de la terrible débâcle.

Début octobre 1940 un train de mesures exclut brutalement les juifs de la fonction publique et de diverses professions, notamment de communication (journaux, radio, cinéma, etc.)
Là où l’occupant n’évoque pudiquement que la Il religion Il pour Il définir les juifs « , VICHY n’hésite pas à parler de Il race ». VICHY autorise l’internement des Il étrangers de race juive Il sur décision arbitraire des préfets.
Le 29 mars 1941, le Commissariat général aux questions juives (C.G.-Q.J.), véritable ministère aux affaires juives de VICHY, est créé avec à sa tête, Xavier VALLAT
Un recensement des juifs français et étrangers est mis en place : 330000 juifs vivent alors en FRANCE, répartis par moitié dans chacune des deux zones, dont environ 50 % de juifs étrangers.
Cependant Christian GERLACH, (Marianne W41) un jeune chercheur allemand a découvert des archives de l’ex U.R.S.S. qui reproduisent les paroles exactes du Fûhrer le 12 Décembre 1942 : « Ordre d’exterminer les juifs présents dans la sphère d’influence allemande.... l’anéantissement des juifs doit être la conséquence nécessaire de la guerre. »

Ainsi la SHOA n’aurait été due
• ni à un emballement de la machine hitlérienne suite à l’enlisement de la WEHRMARHT,
• ni à la surenchère du gouvernement de VICHY ;
mais bien la conséquence d’un ordre donné par HITLER en Janvier 1942 à la conférence de WANNSEE.

L’aryanisation des biens

Le gouvernement autorise l’aryanisation
Il des biens juifs afin d’éliminer toute influence juive
Il dans l’économie nationale.

Les rafles et les arrestations seront menées par la police française en zone occupée : les premières ont lieu le 14 mai 1941 dans l’agglomération parisienne : 3.747 juifs étrangers, polonais, tchèques, autrichiens, sont internés. La deuxième opération intervient en août et touche 4.232 juifs, dont un millier de Français. Le camp de DRANCY, également sous administration française, est créé.
Le 12 décembre, 700 juifs français sont arrêtés, tandis que l’occupant fusille au MONT¬VALERIEN et impose aux juifs une amende collective de 1 milliard de francs.
Pendant ce temps, en zone non occupée, aux côtés de Tsiganes et d’internés politiques, on compte jusqu’à 40.000 juifs internés dans les camps français (et 15.000 en Afrique du Nord) ; plusieurs milliers mourront de faim et de froid.
René BOUSQUET est nommé secrétaire général de la police à PARIS.

En zone occupée, les ordonnances allemandes interdisent aux juifs l’entrée dans les cafés, les théâtres, les cinémas, les piscines, les musées, les terrains de camping, les jardins publics, etc.
le port de l’étoile Jaune devient obligatoire.

En zone libre, pas d’étoile, mais l’apposition de la mention Il juif Il est obligatoire sur les cartes d’identité et d’alimentation.

La déportation

Le premier convoi de juifs déportés a lieu le 27 mars 1942 : 1.112 personnes, pour moitié des juifs français du camp de COMPIEGNE, pour moitié des juifs apatrides parqués à DRANCY, en représailles à l’assassinat de soldats allemands.
La déportation massive de familles juives s’organise : BERLIN fixe l’objectif de 40.000 personnes y compris les enfants de moins de seize ans. La Gestapo insiste pour que 40 % soit de nationalité française.

La rafle du vel’ d’hiv’

A partir de la rafle du Vel’ d’Hiv’ (16-17 juillet) qui mobilise 9.000 policiers et gendarmes parisiens trois convois d’environ 1.000 juifs, chacun partent, chaque semaine pendant trois mois, vers les camps d’extermination, mais on assure que les déportés sont envoyés aux travaux forcés en Allemagne.

Malgré l’émotion et les premières protestations de l’opinion publique, fin 1942, 43.000 juifs sont déjà déportés.

Le 10 décembre1942 HITLER donne ordre de déporter tous les juifs et autres ennemis de l’Allemagne : communistes, gaullistes et autres.
Tandis que la Côte d’AZUR bénéficie de la protection des Italiens, opposés à l’application des mesures antisémites. En août OBERG estime qu’« on ne peut plus compter sur la police française ».
Pour élargir le Il vivier Il des juifs à déporter, les Allemands tentent d’obtenir de LAVAL la révocation des naturalisations de juifs obtenues à partir de 1927. LAVAL dit Il non ", pour la première fois.

A PARIS, un commando d’une dizaine d’hommes dirigés par Aloïs BRUNNER, l’un des plus redoutables agents d’EICHMANN, est appelé en renfort sur les affaires juives. La police française est désormais exclue de la composition des trains vers l’Est, mais intervient parfois, malgré les réserves de VICHY, dans des opérations menées contre les juifs français, comme à BORDEAUX en 01/1944.

Au printemps 1944, les S.S. mènent pratiquement seuls les déportations. À IZIEU (Ain), BARBIE fait rafler 44 enfants. Sous ses ordres, le dernier grand convoi part de DRANCY le 31 juillet 44, emportant en son sein
plus de trois cents enfants.
Bilan de l’opération
• 74 convois d’environ 1.000 personnes chacun, ont été organisés dont plus de la moitié dans la seule année 1942
• 76.000 juifs ont été déportés, entre 1942 et 1944, de France vers les centres d’extermination situés sur l’ancien territoire de la Pologne.
• Près d’un tiers des victimes étaient des citoyens français
• 3.000 sont morts avant déportation, dans les divers camps d’internement français, notamment penda nt l’hiver 1941-1942
• 2.500, soit moins de 3 %, ont survécu.

Partant essentiellement de DRANCY, la quasi-totalité était dirigée sur AUSCHWITZ (Haute¬Silésie), où à leur arrivée, la plupart d’entre eux ont été immédiatement envoyés dans les chambres à gaz.

Le bilan de la « solution finale » en FRANCE atteint 80.000 victimes (un quart de la population juive à l’époque).

Au moins 85 % d’entre elles ont été arrêtées par la police française. Extraits des lois « antijuif » Des lois signées PETAIN, des dizaines de textes de loi et d’arrêtés contre les juifs ont été adoptés par le régime de Vichy :
• Est regardé comme juif, toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint est lui-même juif.
• L’accès et l’exercice des fonctions publiques et mandats énumérés ci-après sont interdits aux juifs : chef de l’Etat, membre de gouvernement, du Conseil d’Etat, du conseil de l’Ordre national de la Légion d’honneur, de la Cour de cassation, etc. (loi du 3 octobre 1940).
• Les ressortissants étrangers de race juive pourront être internés dans des camps spéciaux par décision du préfet du département de leur résidence" (loi du 4 octobre 1940).
• En vue d’éliminer toute influence juive dans l’économie nationale, le Commissariat général aux questions juives peut nommer un administrateur provisoire à toute entreprise industrielle, commerciale, immobilière ou artisanale, tout immeuble, droit immobilier ou droit au bail quelconque, tout bien meuble, valeur mobilière ou droit mobilier quelconque, lorsque ceux à qui ils appartiennent, ou qui les dirigent, ou certains d’entre eux sont juifs" (loi du 21 juillet 1941).

Vichy et les Allemands

Les Allemands n’ont pas imposé le changement du régime, mais l’indépendance de VICHY est extrêmement limitée.
La zone occupée échappe à l’autorité de VICHY, l’application des conditions d’armistice se fait au gré du vainqueur (fixation des frais d’occupation, annexion de l’Alsace-Lorraine).
Après l’invasion de la zone libre (11 novembre 42), consécutive au débarquement allié en Afrique du Nord, un conseiller allemand assiste désormais PETAIN et, au début de 1944, les remaniements ministériels sont décidés par les nazis ; ainsi entrent dans le gouvernement les collaborateurs les plus virulents (Ph. HENRIOT, Joseph DARNAND, Marcel DEAT).

La Collaboration

La Collaboration économique
Elle sert de base à la collaboration politique, que recherche le gouvernement DARLAN (février 41-avril 42) autant que les gouvernements LAVAL (juillet-décembre 40, puis avril 42-août 1944) et qui se nourrit de l’espoir que la FRANCE de VICHY sera à la seconde place dans l’EUROPE NOUVELLE.
L’agression contre l’U.R.S.S. donne à la collaboration la motivation supplémentaire de la lutte contre le bolchevisme.
La Légion des volontaires français (juillet 41), approuvée par PETAIN, constitue la participation française à la lutte contre le bolchevisme.
L’administration française désigne les commissaires chargés de la confiscation des biens juifs ; les prisons et les camps vichyssois sont les pourvoyeurs des camps nazis : d’ailleurs, la police française participe à l’arrestation des suspects et procède à de grandes rafles de juifs et de maquisards.
VICHY organise la déportation des travailleurs français De nombreux travailleurs français sont déportés dans les usines du REICH : Service du travail obligatoire S.T.O. (loi du 16 février 43). Le gouvernement de VICHY utilise la police contre les réfractaires : Les classes moyennes, ouvriers, paysans résistent et prennent le maquis.
Par réaction, la fascisation du régime s’accélère : en janvier 43, la Milice se livre à d’abominables exactions : les cours martiales (janvier 44) permettent l’exécution immédiate des résistants.

Bordeaux ou les délices de l’accommodation"

Compromissions, dérives ...
Le chef-lieu de la Gironde est inclus dès 1940 dans la zone occupée.
BORDEAUX, « capitale de la défaite », ville la plus« maréchaliste » de France, BORDEAUX, ville où le maire néo-socialiste, Adrien MARQUET, fut l’artisan du semi-putsch de LAVAL en juillet 1940 : les jugements sans indulgence n’ont pas manqué de s’abattre sur le chef-lieu de la Gironde dont les tragédies reflètent les convulsions d’un pays vaincu et envahi.
Jugements d’autant plus sévères que, à la différence de LYON, l’histoire d’une résistance bordelaise divisée, gangrenée par l’affaire du retournement d’un de ses chefs, André GRANDCLEMENT, en 1943, n’offre ni compensation ni rachat pour les compromissions et les dérives des temps d’occupation.

Comme le fait observer l’avocat Gérard BOULANGER : « A la Libération [les Allemands évacuent la ville jusqu’au 27 août 44], la Résistance ne sera pas en état d’assurer la reconstruction morale ».
Voilà pourquoi Gaston CUSIN, commissaire de la République du général de GAULLE, préférera s’appuyer sur un Maurice PAPON, l’homme qui lui livre la police de la ville, que sur le comité départemental de libération (CDL).
Un autre avocat, Bertrand FAVREAU, auteur d’une biographie de Georges MANDEL député de la Gironde, rappelle que c’est BORDEAUX, incluse dans la zone occupée (la ligne de démarcation divise en deux le département de la Gironde), qui voit le premier fusillé juif de l’Occupation, dès août 1940, Israël KARP, et l’un des derniers collaborateurs exécuté en 1953,

Lucien DEHAN.
BORDEAUX, a offert un terrain propice aux« temps nouveaux », mais peut-être pas à la collaboration franche et active de style« parisien ».
La ville se plonge pourtant dans les délices de 1’« accommodation », selon l’expression de l’historien Philippe BURRIN.
La bourgeoisie des négociants en vins du quartier des CHARTRONS « pousse » quelques-unes de ces racines en Allemagne.
Quant au commandant du port, le korvettenkapltan Ernst KÜHNEMAN, il est lui-même à la tête d’une vieille maison de commerce de vin... à BERLIN !
À BORDEAUX, un « Institut des questions juives » fondé par l’avocat Henri LABROUE, précède, en 1941, la création de celui du capitaine SEZILLE, à Paris, de sinistre mémoire.
L’exposition itinérante« Le Juif et la FRANCE » fait halte en Gironde du 27 mars le 10 mai 42 et enregistre l’un de ses plus beaux succès provinciaux (60.000 visiteurs se pressent à ses portes, dont beaucoup d’enfants des écoles).

Pour comprendre la vie politique bordelaise sous l’épuration, on doit tenir compte de la lancinante rivalité qui oppose la préfecture à la mairie, l’Etat à la municipalité.

Au préfet, François PIERRE-ALYPE, qui fait de la surenchère et fait régner sur Bordeaux une sorte de « fascisme blanc », s’oppose Adrien MARQUET, qui, depuis l’hôtel de ville, joue la carte des Allemands.
Quand Pierre LAVAL revient au pouvoir, en avril 42, Maurice SABATIER est nommé à la préfecture régionale, entraînant dans son sillage son ami Maurice PAPON ’"
285 otages fusillés au camp de SaUGES, 900 déportés politiques qui ne reviendront pas des camps, 1.690 déportés juifs dont 223 enfants : le bilan des « simples victimes » de la répression est très lourd dans la capitale girondine.
S’y ajoutent les martyrs d’une Résistance décimée, les victimes civiles des combats et les souffrances du S.T.O.

Bordeaux cependant résiste...

voici l’exemple de la résistance dans le milieu médical

Le témoignage du Docteur André DARTIGUES dans « Les hommes en blanc dans la clandestinité »
La résistance médicale 1940-1944 à Bordeaux et en Gironde montre tout de même que " Bordeaux et la Gironde sont devenus très vite pour les allemands une réserve d’otages et l’antichambre de la déportation. Les listes noires auraient pu être encore plus cruelles, si l’esprit de résistance n’avait gagné le corps médical, le personnel soignant, les religieuses set les secouristes ; cette lueur venue des hôpitaux, des lieux de combats, des chemins de la clandestinité appartient à ces maillons de la solidarité, de l’honneur et du courage.
La résistance médicale de BORDEAUX et de la GIRONDE de 1940 à 1944 s’inscrit dans la longue lignée des actes de patriotisme effectués au cours des âges par les Bordelais et les Girondins. « J’ai lu ce livre avec effroi, parce que certains destins finissent »mal« ,. avec plaisir parce que j’ai retrouvé les noms de certains de nos maîtres ou amis : je citerai » avec plaisir« Pierre BOUYSSOU, le si adorable radiologue. DARMAILLAC, dit » le DAR« chirurgien puissant ,. FERRAND, généraliste trenquille ; MANDA VY, peut-être ’’l’homéopathe » ; FEILLOU, aimable généraliste ; HONTON, POUYANE, professeurs d’orhopédie ; BROUSSIN ; TAUREILLE, NANCEL-PENARD ( je ne site que ceux que j’ai connu, je rend hommage à tous) et vous convie à lire l’ouvrage de DARTIGUES, vous y apprendrez qu’aucune dénonciation n’eut lieu dans le milieu médical même. Vous sourirez en lisant l’histoire des pilotes anglais, qui, en camisole de force remplaçaient les malades psychiatriques du service de neurologie de l’Hopital Saint-André !

Bien sûr que d’autres corporations ont aussi participé à la Résistance ; les cheminots, les facteurs, etc. etc

....Non Bordeaux ne rime pas TOUJOURS avec collabo !

Le Maréchal PETAIN après 42

En avril 42, PETAIN n’est plus qu’une marionnette glorieuse au sommet de l’État français. Il a alors quatre-vingt six ans.
Le 8 novembre 42, les Alliés débarquent en Afrique ; les forces allemandes occupent la zone sud de la FRANCE, au lieu de gagner ALGER, PETAIN reste : « Je fais le don de ma personne à la FRANCE »
À mesure que la situation militaire de l’Allemagne se dégrade, PETAIN couvre les initiatives de LAVAL et des collaborationnistes : création de la milice, condamnations et exécutions des otages... 11 dira : « C’est moi seul que l’histoire jugera »,.
Le 20 août 44, les Allemands enlèvent le maréchal.
Le 24 avril 45, il s’évade et après avoir traversé la SUISSE, il se présente aux autorités françaises : traduit devant la Haute Cour (août 45), il est condamné à la peine de mort par 14 voix contre 13 (seulement). En raison de son grand âge, la sentence de mort ne sera pas exécutée.
En arrivant dans son cachot à l’île d’YEU, il déclara : « le plafond sera bien bas pour mon successeur »...Il restera prisonnier pendant près de dix ans. PETAIN y mourut à quatre-vingt quinze ans.
MITTERRAND fera porter tous les ans des fleurs sur sa tombe.

La Libération

L’action à LONDRES du Général de GAULLE et à ALGER du Comité français de libération nationale est reconnue par l’ensemble de la résistance intérieure rassemblée dans le Conseil National de la Résistance. Les classes dirigeantes abandonnent le régime.
Depuis 43 des régions entières de la FRANCE contrôlées par les maquis, échappent à VICHY, dont les ordres sont sabotés par des milliers de fonctionnaires résistants.
Après le débarquement du 6 juin 44, l’effondrement est total.
Le gouvernement de VICHY doit suivre les Allemands dans leur retraite.

L’Epuration

Dès le début de 43, la mise à l’index de tous ceux qui avaient occupé de hautes fonctions dans le gouvernement de VICHY était décidée par les résistants et les gaullistes.
En juillet 43, deux ordonnances proclament la légitimité des actes accomplis pour la cause de la libération de la FRANCE.
En août 43, « La raison d’État exige un rapide exemple. » dit De GAULLE : PUCH EU, secrétaire d’État à l’intérieur de Vichy, est jugé et fusillé à Alger en mars 44.
Pierre LAVAL est exécuté.
Le 1er mars 42, le général De GAULLE déclare : « La libération nationale est inséparable de l’insurrection nationale ».
Par ordonnance, la compétence du « tribunal d’armée » à ALGER s’étend « aux crimes et délits contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État commis dans l’exercice de leurs fonctions par les membres ou anciens membres de l’organisme de fait se disant l’État français ».
L’ordonnance du 26 décembre 44 crée les Chambres civiques chargées de juger « tout Français qui, même sans enfreindre une règle pénale existante, s’était rendu coupable d’une activité antinationale caractérisée ».
Ces juridictions frappent les condamnés d’« indignité nationale » entraînant la perte des droits civils et politiques, l’exclusion des emplois publics, l’incapacité d’être administrateur de société, d’exercer une profession libérale.
La législation de l’épuration eut trois principes fondamentaux :
• le gouvernement de VICHY était illégitime,
• l’armistice n’était pas la paix, mais impliquait la continuation de l’état de guerre,
• les lois nouvelles pouvaient avoir un effet rétroactif, lorsqu’elles s’appliquaient à des délits nouveaux.

Le souvenir amer d’une répression parfois défaillante (N.Weill)
L’ÉPURATION, qui se prolonge jusqu’en 53, a laissé dans la mémoire collective le goût amer des occasions manquées ou, pis, de l’injustice.
Des journaux allemands ou américains du temps, ainsi que des voix en FRANCE, allèrent jusqu’à parler d’un« bain de sang », avançant le chiffre fantastique de cent mille victimes !
D’autres, notamment dans les rangs communistes, ne cessèrent, au contraire, de fustiger l’indulgence des tribunaux et l’insuffisante rigueur des verdicts.
Suivant l’estimation de Robert ARON, au cours de l’année 44, année de la Libération pour presque tout le territoire, 40.000 Français furent tués par d’autres Français et 400.000 furent incarcérés.
Étrangement, le temps qui passe n’a fait que radicaliser les points de vue, et aiguiser les suspicions.
L’émergence, à partir des années 70, d’une autre mémoire celle du génocide des juifs a sensibilisé, après coup, l’opinion au grief de crime contre l’humanité qui, au sortir de la seconde guerre mondiale, venait tout juste de faire son apparition dans le droit international.

L’épuration et les œillères gaullistes (Patrick Jarreau)

Entre ignorance et connivence, le gaullisme au pouvoir a toléré sous ses ordres des hommes à la conscience chargée. Le cas PAPON s’éclaire lorsqu’on le rapproche de ses deux voisins dans l’histoire :
• d’un côté, le préfet sans états d’âme, technicien zélé de la police (BOUSQUET)
• de l’autre, l’antisémite agissant (VALLA T).

Le destin de VALLAT est à l’opposé de celui de Maurice PAPON.
Xavier VALLA T, premier commissaire général aux questions juives, continue à clamer son antisémitisme devant la Haute Cour, et voit ses dix ans de détention assorties de circonstances atténuantes.
Cet ancien« déjudaïseur » en chef de VICHY a connu après la guerre, le parcours morose des réprouvés de l’extrême droite, réfugiés dans les rédactions de publications marginales. Pourtant le 8 janvier 72 étaient présents à ses obsèques deux sénateurs de droite : Pierre JOURDAN, et Paul RIBEYRE, ainsi que le député gaulliste Henri TORRE.

PAPON n’était pas, lui, un activiste de l’extrême droite. Comme BOUSQUET, né dans une famille de gauche, il s’est fait remarquer par son sens politique précoce et a fait ses classes, très tôt, dans les cabinets ministériels. Comme BOUSQUET, il sert VICHY et organise des déportations de juifs ; mais, à la différence de BOUSQUET, il échappe à la Haute Cour.

René BOUSQUET, pourtant responsable de la participation de la police française aux rafles de juifs, à commencer par celle du Vel’d’Hiv’, les 16 et 17 juillet 42, n’est condamné, en 49, qu’à cinq années de dégradation nationale (peine dont il est immédiatement relevé). BOUSQUET quitte l’administration.

PAPON y demeure et se distingue comme préfet de police. Il obtiendra finalement, sous l’étiquette gaulliste, en 68, dans le CHER, le siège de député que l’autre aura manqué dix ans auparavant, sous l’étiquette radicale, dans la MARNE.

La Grande Famille de la Droite

Jusqu’aux années 70, un ancien préfet de VICHY peut poursuivre une carrière confortable, et un ancien ministre de PETAIN être salué, à sa mort, par la droite, même gaulliste.
Les fonctionnaires sont réputés innocents des actes qu’ils ont accepté d’accomplir sous l’autorité d’un« gouvernement de fait » obéissant aux nazis.
Les crimes que les uns et les autres ont commis ou fait commettre ne sont pas reconnus.
La persécution des juifs fait partie des malheurs de la guerre, un peu comme les réquisitions, les restrictions alimentaires et le manque de charbon.
S’il faut chercher des responsables, ce sont les Allemands et leur« poignée » de collaborateurs qui, presque tous, ont« payé ». Les autres, tous les autres, ont subi.

Le souci prioritaire du général de GAULLE, en 44, avait été de remettre sur pied un Etat face à la double menace d’une administration provisoire anglo-américaine et de la prise du pouvoir par les communistes.
Les fonctionnaires expérimentés furent utilisés même quand ils n’avaient aucun état de service dans la Résistance ; il suffisait qu’il ne se trouvât personne pour porter contre eux des accusations précises ou crédibles.
Entre l’ignorance et la connivence, le gaullisme au pouvoir toléra sous ses ordres, voire parmi ses élus, à un rang subalterne, des hommes à la conscience chargée.

Leurs semblables purent êtres utilisés de l’autre côté : BOUSQUET était reçu chez François MITTERRAND.
La justice n’aurait frappé que des« lampistes », préposés à payer pour les autres, ou des « vedettes » : nombre de journalistes et d’écrivains furent condamnés à mort : Georges SUAREZ, Robert BRASILLACH, Henri BERAUD, Jean LUCHAIRE, Lucien REBATET. Charles MAURRAS fut condamné à la réclusion perpétuelle. Leur châtiment aura surtout servi à masquer la continuité des élites entre VICHY et le nouveau régime.

Les faits de collaboration économique connurent des dénouements beaucoup plus heureux que ceux de collaboration intellectuelle (hormis quelques arrestations spectaculaires comme celle de Louis RENAULT)...

Même le travail des historiens n’a pas dissipé les polémiques lancinantes, que ravive immanquablement le procès de Maurice PAPON.

Un simple regard aux chiffres permet pourtant quelques certitudes sur ce sujet : l’épuration, si elle fut parfois défaillante, si elle fut loin d’être aussi brutale que l’ont prétendu ses adversaires, a bien l’ampleur d’un phénomène de société, atteignant, au moins symboliquement, le pays dans ses« profondeurs ».
La tonte des femmes, étrange résurgence au cœur du XXe siècle d’une pratique ancestrale appliquée aux épouses adultères mêlées, en l’occurrence, de préjugés hygiénistes en est un signe.
Quoique difficile à mesurer dans son étendue, le phénomène paraît en tout cas massif.
Le bilan chiffré de l’épuration, en revanche, semble se stabiliser autour de huit à neuf mille exécutions dites« extra-judiciaires » c’est-à-dire contemporaines des combats ou de la Libération proprement dite, ou en tout cas, survenues avant l’établissement des juridictions spéciales, ou avant que la situation soit totalement stabilisée. ", .

Après le départ du général de GAULLE du gouvernement, les gouvernements de la IVe République prirent des mesures d’amnistie.
Les condamnations à l’indignité nationale furent amnistiées en 53.

Charles de GAULLE jusqu’en 45

Charles André Marie-Joseph est né à Lille le 22 novembre 1890.
En sortant de SAINT-CYR il est affecté au 33e R.1. d’ARRAS où il a pour chef le colonel Philippe PETAIN (qui aurait été le parrain de son fils !).
En août 14, il est blessé sur la MEUSE, à DINANT, en février 16 blessé, devant DOUAUMONT, il est fait prisonnier.
Confiné dans un emploi médiocre à l’état-major de MAYENCE, il en est tiré par le maréchal PETAIN, chef alors prestigieux entre tous, qui l’appelle en 25 à son cabinet comme historien . Il trouve alors l’occasion de publier ses deux ouvrages les plus célèbres, « Le Fil de l’épée », version rénovée de ses conférences de 27, dans lequel il trace un autoportrait du chef, et« Vers l’armée de métier », où il plaide pour la refonte totale de la stratégie.
En septembre 39, il se retrouve commandant des unités de chars de la « cinquième armée », en ALSACE. La percée allemande sur SEDAN, le 10 mai 40, détermine l’état-major à lui confier, alors qu’il n’est toujours que colonel, le commandement de la 4e division cuirassée. C’est sur l’axe de MONTCORNET que le colonel de GAULLE fait plier pour un temps le corps blindé ennemi.
Le 5 juin, Charles de GAULLE, nommé général devient sous-secrétaire d’Etat à la Défense. Il sait que la bataille de FRANCE est perdue, mais il sait aussi que la bataille du monde ne fait que commencer.
Le 16 juin, à BORDEAUX, le cabinet REYNAUD cède la place au gouvernement PETAIN¬LAVAL qui montre son intention de rechercher l’armistice.
Alors le 17, en fin de matinée, Charles de GAULLE s’envole pour LONDRES ou il va déclencher une rébellion : le 18 juin 40, vers 20 heures, devant le micro de la B.B.C., Charles de GAULLE proclame que « la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ».

De LONDRES à PARIS
Des mois durant, il est CHARLES-le-SEUL, à LONDRES, mais en août, CHURCHILL le reconnaît comme « chef des Français libres ».
Il rallie DAKAR, capitale de l’A.O.F., puis l’A.E.F. (FORT-LAMY, DOUALA et BRAZZAVILLE, TAHITI, la NOUVELLE-CALEDONIE et les comptoirs de l’INDE)
De GAULLE est condamné à mort par le tribunal militaire de CLERMONT-FERRAND le 2 août 40.

Avec la résistance intérieure française, ses rapports sont presque aussi compliqués, sinon tendus, qu’avec les grands alliés. « L’armée de la nuit » commence à se rassembler dès la fin de l’été 40. À la fin de 41 fonctionnent trois réseaux d’importance nationale. L’entrée en guerre de l’U.R.S.S. a déclenché l’action massive des communistes.
À l’automne 41 débarque à LONDRES Jean MOULIN, préfet révoqué par VICHY après avoir été torturé par les occupants, qui vient proposer de représenter de GAULLE sur le territoire national où, depuis le 10 juin 41, avant d’être arrêté en juin 43 par la Gestapo, Jean MOULIN aura noué des liens indissolubles entre la Résistance et de GAULLE.
Le 8 novembre 42, les Américains prennent pied en AFRIQUE du NORD, de CASABLANCA à ALGER (sans en avoir prévenu de GAULLE).
Le général de GAULLE devient pourtant maître du jeu, du côté français, à la fin de mai 43 le Conseil national de la résistance (C.N.R.), rassemblé et présidé par Jean MOULIN, l’a reconnu pour chef en vue de la libération du pays. C’est à ce titre qu’il sera reçu en juillet à WASHINGTON.
Le 6 juin 44, de GAULLE s’oppose efficacement aux projets anglo-américains d’instauration d’une « administration alliée » de la FRANCE.
Cinq jours après le débarquement en NORMANDIE, le général prend pied sur le sol de FRANCE à COURSEULLES, et l’accueil qu’il y reçoit a valeur de plébiscite. Il parvient à imposer en position de pointe la 2e division blindée du général LECLERC, qui sera la première à libérer PARIS.
Le 26 août 44, Charles de GAULLE descend les CHAMPS-ÉLYSEES, acclamé par un million de Parisiens en fête, au milieu des chefs de la résistance intérieure qui ont survécu à la répression.
Dans le gouvernement provisoire qu’il forme le 3 septembre 44 à Paris, refonte de celui qu’il présidait depuis un an à ALGER de GAULLE fait entrer six ministres communistes aux côtés des M.R.P. (catholiques) et des socialistes formule qu’on appelle alors le « tripartisme ». Les communistes se chargent de l’« épuration », nécessaire après quatre ans de collaboration avec l’occupant, mais avec un caractère d’arbitraire et de revanche peu conforme à la justice.
Le 8 mai 1945, c’est la capitulation du Troisième REICH.
Mais trois mois plus tard, à YALTA (Crimée), les « trois grands » se sont réunis sans lui pour dessiner la carte du monde de demain.
Charles de GAULLE, reconnu par la grande majorité des Français pour libérateur du territoire et chef légitime de l’exécutif, va constater qu’une démocratie fondée sur le système des partis est impraticable et après avoir obtenu l’approbation par référendum du projet de constitution, le général brusquement, le 20 janvier 46, annonce sa décision de se retirer, « le train étant remis sur les rails ».

On n’entendra plus parler de lui pendant de longues années ... Jusqu’à ce que en 1958 ... mais ça c’est une autre histoire...
Vous m’avez compris ?


Lire la suite Causes profondes de la guerre de 39·45 par Michèle LAVÉDRINE

Télécharger le document Et Toi, tu faisais quoi entre 40 et 45 ? au format .pdf (5 Mo - 106 pages A4 illustré) ... Cliquer ICI



Commentaires