L’AYURVEDISME

mardi 21 juillet 2015
par  webmestre1
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L’AYURVEDISME

1. De l’Inde à la France
En Inde, toutes ces techniques sont enseignées à l’université ; il existe des pharmacies, des cliniques, des centres ayurvédiques. Néanmoins, la pratique de l’Ayurveda en France ne se concentre aujourd’hui que sur l’aspect « bien-être » de la discipline… Discipline pourtant reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme étant une médecine à part entière…

2. En France, des thérapeutes, et non pas des mèdecins

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Pyrénnées-Atlantique -64 BENNING Haidee - Educatrice de santé en Ayurveda
Aquitaine Bordeaux (33) Guinot Delphine - Conseiller-consultant selon l’Ayurveda
24 Dordogne LASSERRE Muriel - Thérapeute corporelle en soins ayurvédiques (massages, soins spéciaux de l’Ayurveda)
Landes (40) LESAGE Karine - Educatrice de santé en Ayurveda - Thérapeute corporel en soins ayurvédiques (massages, soins spéciaux de l’Ayurveda)

3. Une rapide définition française de l’Ayurvedisme

L’ayurveda est une forme de médecine traditionnelle originaire de l’Inde également pratiquée dans d’autres parties du monde. L’āyurveda, ayurvéda ou encore médecine ayurvédique – en devanāgarī : आयुर्वॆद, la « science de la vie », de āyus (vie)1 et veda (science, ou connaissance)2 – puise ses sources dans le Véda, ensemble de textes sacrés de l’Inde antique. En l’occurrence, il s’agit d’une approche médicale holistique3 datant de la civilisation védique et toujours pratiquée aujourd’hui.

4. La législation et l’Ayurveda
Le praticien ayurvédique n’est pas un médecin, et les conseils prodigués ne remplace en aucun cas l’avis médical et les traitements médicaux.
Les thérapeupes pratiquant le massage traditionnel selon l’Ayurvéda, proposent des soins de bien-être qui permettent d’équilibrer les doshas (Vata , Pitta, Kapha), la circulation du Prana.

5. Les principes de l’Ayurveda
L’Ayurveda demeure une forme de médecine traditionnelle encore vivace en Asie du Sud, et reconnue comme telle par l’Organisation mondiale de la santé. En Occident, il est considéré comme une médecine alternative.

L’ Ayurveda, comme l’ensemble des Vedas, est dit nityam et apaurusheyam (littéralement : éternel et non-créé par l’homme — donc « révélé »)8. À l’origine, les principes de guérison exposés dans l’Atharva-Véda reposaient essentiellement sur le son ou la parole. Les hymnes étaient alors des moyens de guérison et leur simple récitation avait, selon le texte, le pouvoir de soigner toute chose. Les médicaments, tels qu’on les connaît aujourd’hui, n’étaient pas encore développés.

La littérature ayurvédique se divise en six Samhitas (« traités » ou « collections »9), qui prennent chacun le nom de leur auteur.
Les trois premiers, dont les auteurs sont Charaka, Sushruta et Vagbhatta, sont les plus importants et forment la Bṛhattrayī, « les trois majeurs » de l’Ayurveda, tandis que les trois derniers forment la Laghutrayi, « les trois mineurs »
Les trois majeurs
Charaka Samhita : rédigé par Charaka, c’est le texte fondateur de l’Ayurveda. Sa datation est incertaine mais il aurait été composé avant notre ère10. Il traite principalement du diagnostic et du traitement des maladies par la médecine interne (Kaya Chikitsa)11.
Sushruta Samhita : traité de chirurgie (en sanskrit : Shalya Chikitsa) rédigé par Sushruta, c’est le deuxième texte le plus important de l’Ayurveda. Il aurait également été rédigé avant notre ère10.
Le plus ancien document écrit rapportant les travaux de Sushruta est le Manuscrit Bower — daté du ive siècle12. Ce dernier cite directement Sushruta et est d’un intérêt particulier pour les historiens en raison de l’importance de la médecine indienne et de ses concepts en Asie centrale13.

Dwivedi & Dwivedi, dans History of Medicine : Sushruta, the Clinician-Teacher par Excellence (2007), écrivent au sujet de Sushruta14 :
« La principale voie de transmission du savoir au cours de cette période a été la tradition orale. La langue utilisée était le sanskrit - le sanskrit védique de cette période (2000-500 avant J.-C.). La plus authentique compilation de ses enseignements et de ses travaux est actuellement disponible dans un traité appelé Sushruta Samhita. Il contient 184 chapitres et la description de 1 120 maladies, 700 plantes médicinales, 64 préparations de substances minérales et 57 préparations à base de substances animales. »
Vagbhatta Samhita : considérée comme une présentation organisée et structurée de la connaissance présentée dans la Charaka Samhita et la Sushruta Samhita, ce résumé simplifié des deux premières compilations est encore utilisé aujourd’hui dans de nombreuses universités indiennes.

Les trois mineurs

Madhava Nidana Samhita : couvre la classification des maladies et de leurs symptômes
Sharngadhara Samhita : contient la description des préparations ayurvédiques utilisées au cours du Panchakarma (IAST : Pañcakarma) et détaille les étapes du diagnostic par le pouls
Bhava-Prakasha Samhita : en plus de 10 000 vers, détaille les caractéristiques de nombreux aliments ainsi que de certaines plantes et minéraux

6. Histoire de la science ayurvédique

Underwood & Rhodes en 2008 soutiennent que cette première phase de la médecine traditionnelle indienne a identifié la fièvre (takman), la toux, la consomption, la diarrhée, l’œdème, l’abcès, les convulsions, les tumeurs et les maladies de peau (y compris la lèpre). Le traitement des affections complexes — y compris l’angine de poitrine, le diabète, l’hypertension artérielle et les calculs — ont également été pratiqués au cours de cette période, la chirurgie plastique, la chirurgie de la cataracte, la ponction pour l’évacuation des fluides contenus dans l’abdomen (ascite), l’extraction des corps étrangers, le traitement des fistules anales, le traitement des fractures, l’amputation, la césarienne et la suture des plaies étaient connus. L’usage des herbes et des instruments chirurgicaux se sont généralisés18.
Le pèlerin chinois Fa Hsien (vers 337-422) a écrit sur le système de soins de santé de l’Empire des Gupta (320-550). Il a également décrit le processus de l’approche institutionnelle de la médecine indienne apparaissant dans les œuvres de Charaka qui mentionne une clinique et décrit son équipement. Madhava (700), Sarngadhara (1300), et Bhavamisra (1500) ont compilé des travaux sur la médecine indienne13. Les ouvrages médicaux de Sushruta et de Charaka ont tous les deux été traduits en arabe au cours du califat des Abbassides (750). Ces travaux arabes ont fait leur chemin en Europe par leur intermédiaire. En Italie, la famille Branca de Sicile et Gaspare Tagliacozzi de Bologne se sont familiarisés avec les techniques de Sushruta20.
Au cours des âges, l’Ayurveda a été conservé dans ses grands principes malgré les influences étrangères (grecques, chinoises, perses, tibétaines). Ce système est tombé en désuétude pendant plusieurs siècles à la suite des invasions musulmanes au nord de l’Inde à partir du viiie siècle. Parallèlement, l’Ayurveda est réapparu en Europe à la Renaissance. Avec les différentes colonisations européennes, surtout britannique, cette médecine a subi de nombreuses pressions, et fut interdite par les Anglais. C’est seulement avec l’Indépendance en 1947, sous l’influence du Mahatma Gandhi, que l’Ayurveda a de nouveau été reconnu.
Aujourd’hui, l’Ayurveda semble susciter plus d’intérêt pour son approche du bien-être holistique que pour son aspect médical (ce dernier se développe de plus en plus et la recherche médicale est en cours).
SUITE 5.
Le but de l’Ayurveda est triple : le maintien de la santé, la guérison des maladies et la réalisation de soi.
L’Ayurveda décrit l’être humain comme étant composé des cinq Mahabhutas (IAST : mahābhūta, les cinq éléments), des trois doshas (les énergies de base du vivant), des sept dhatus (les tissus) et des seize shrotas (les canaux qui véhiculent les doshas à travers tout l’organisme).

Les Mahabhutas

Les cinq grands éléments qui forment l’univers tout entier y compris le corps humain :
Akasha (IAST : Ākāśa) : l’espace
Vayu (IAST : Vāyu) : l’air
Agni ou tejas : le feu
Jala ou Ap : l’eau
Prithivi (IAST : pṛthivī ou pṛthvī) : la terre
Selon l’Ayurveda, nous faisons partie intégrante du cosmos et les éléments primordiaux qui constituent l’univers nous imprègnent également en tous points. Ces cinq éléments ne doivent pas être compris au sens littéral mais représentent les notions d’espace, de mouvement, de chaleur, de flux et de solidité.

Les Doshas
Les trois énergies fondamentales dont l’équilibre assure la santé :
Vāta : l’énergie cinétique
Pitta : l’énergie de transformation
Kapha : l’énergie de cohésion.
Ces forces sont présentes à des degrés différents chez chaque individu. Cette doctrine des trois doshas — ou humeurs — est primordiale. Le ou les doshas dominants d’un individu déterminent ses tendances ainsi que ses forces et ses faiblesses. Le vaidya, le médecin ayurvédique, conseille au patient un style de vie en accord avec sa prakriti — son type ayurvédique, mélange des trois doshas — notamment un régime qui lui est bénéfique en l’harmonisant avec l’univers.
Les trois doshas sont composés des cinq Mahabhutas.

Les Dhatus

Les sept tissus principaux qui forment la trame du corps humain.
Rasa : le plasma
Rakta : le tissu sanguin
Mamsa : les muscles
Meda : les tissus adipeux
Asthi : les tissus osseux, le cartilage, les ongles, les poils et les cheveux.
Majja : la moelle osseuse et les tissus nerveux
Shukra : les tissus reproducteurs
Ils sont la masse du corps humain. Bien qu’importants au niveau structurel, ils ne sont pas directement impliqués dans la cause des maladies.

Les Shrotas
Les seize canaux internes, grossiers et subtils, qui participent aux processus généraux d’assimilation et d’élimination en véhiculant les trois doshas.
Le plus grand shrota est le système digestif tandis que d’autres ne se voient qu’au microscope, dans les cellules individuelles, où ils se révèlent poreux. D’autres encore n’agissent qu’aux niveaux moléculaires, atomiques et sub-atomiques.
La médecine moderne ne connaît que trois de ces shrotas : l’anna vaha shrota (le système digestif), le rakta vaha shrota (le système circulatoire) et le prana vaha srota (le système respiratoire).
Leur bon fonctionnement est considéré comme vital et leur dysfonctionnement, dû au déséquilibre des doshas, conduit à la maladie30.

Les huit branches de l’Ayurveda

L’ayurveda comprend huit disciplines thérapeutiques, les Ashtangas, qui sont :
Shalya-chkitsa : la chirurgie
Salakyam : le traitement des maladies siégeant au-dessus de la clavicule (oto-rhino-laryngologie, ophtalmologie et odontologie)
Kaya-chikitsa : la médecine générale
Bhuta Vidya : la psychiatrie. L’approche traditionnelle des problèmes mentaux dans l’Ayurveda est psychosomatique — voir plus bas Origines des maladies mentales — mais il y est également fait mention de la possession démoniaque
Kaumarabhrtyam : la pédiatrie
Agadatantram : la toxicologie
Rasayanam : la science de la longévité et du rajeunissement
Vajikaranam : le traitement de la sexualité et de la fertilité au moyen d’aphrodisiaques

Le diagnostic

Charaka, considéré comme l’un des principaux fondateurs de l’Ayurveda, déclare que « c’est le patient et non la maladie qui est l’objet du traitement. » Pour le vaidya (le médecin ayurvédique), la maladie « n’existe pas » en tant que telle. Elle ne serait que l’expression d’un déséquilibre des trois doshas qu’il faut harmoniser. Il s’agira donc d’établir tout d’abord la nature de ce déséquilibre (quels sont les doshas viciés), d’en rechercher ensuite les causes et d’y trouver finalement un remède.
Le praticien commence par Darshana, l’observation visuelle du corps au cours duquel ses caractéristiques physiques sont observées et Sparshana, l’examen tactile par la palpation, la percussion et l’auscultation de ses diverses parties ainsi que de certains organes internes.
Afin d’établir la nature du déséquilibre, le vaidya pratique ensuite une méthode de diagnostic par le pouls appelée Nadi Pariksha (ou Nadi Vigyan, selon les régions de l’Inde où elle est pratiquée), différente de celle utilisée par la médecine moderne. Ici, on pose trois doigts (l’index, le majeur et l’annulaire) sur l’artère radiale du patient au niveau du poignet. En exerçant différents modes de pression, le vaidya recueille l’information concernant les doshas de la personne et de cette manière, détermine sa vikriti — l’état de déséquilibre de ses doshas.
Le déséquilibre étant désigné, il en détermine la cause. Selon cette méthode, l’origine de l’affection est à la fois interne et externe : le dysfonctionnement est dû à un blocage des shrotas — la première manifestation matérielle des doshas dans le corps — mais également aux habitudes de vie de la personne. Prashna est l’interrogatoire du patient qui permet de définir les erreurs diététiques et comportementales éventuelles qui pourraient être la cause du déséquilibre. L’Ayurveda accorde une grande importance à l’histoire personnelle du patient, à ses antécédents familiaux, médicaux et professionnels ainsi qu’à son vécu psychologique jugés déterminants pour son état de santé.

7. Traitements et remèdes
Quelle que soit l’affection dont souffre le patient, le vaidya conseillera souvent en premier lieu une détoxification générale plus ou moins longue (un Panchakarma, IAST : Pañcakarma) qui se déroulera généralement dans un centre de soins ayurvédiques dédié à cet usage. De retour chez elle, ses toxines éliminées, la personne suivra un traitement destiné à régénérer son organisme et à renforcer son système immunitaire. Outre un régime alimentaire adapté, ce traitement inclura également l’ingestion de préparations à base de plantes et de minéraux appelés Rasayanas.
Le médecin conseillera parfois des changements concernant le mode de vie et l’alimentation et, dans certaines traditions, des pratiques telles que le yoga et la méditation.
Le Panchakarma

Le concept de Panchakarma — du sanskrit Pancha (IAST Pañca) : cinq et Karma : action (en devanāgarī : पञ्चकर्म) — se réfère aux cinq procédures de purification et de réjuvénation décrites dans les manuels d’Ayurveda et dont l’objectif est de purifier le corps et l’esprit en provoquant l’élimination des éléments toxiques de l’organisme.
Suivant en cela le principe selon lequel il vaut mieux prévenir que guérir, l’Ayurveda conseille une détoxification périodique, si possible à chaque changement de saison. Bien que le corps possède naturellement un système de filtration des impuretés, les toxines s’accumulent souvent trop rapidement. Se détoxifier est alors nécessaire afin de maintenir l’équilibre du corps et de l’esprit et d’éviter toute maladie.
Au cours d’une cure ayurvédique qui peut s’étendre de quelques jours à plusieurs semaines et selon la condition du patient, le type de praticien et la tradition à laquelle il appartient (Ayurveda du Nord ou Ayurveda du Sud), diverses méthodes peuvent être appliquées bien qu’elles obéissent toutes à une logique unique : éliminer les toxines incrustées au plus profond des cellules en utilisant de manière séquentielle des techniques qui vont tout d’abord les faire remonter à la surface pour les éliminer ensuite par la peau et le système digestif :
Snehana (l’ingestion de beurre clarifié) et plus tard Virechana (une purge légère) vont permettre aux toxines de se détacher progressivement des cellules ;
Abhyanga (le massage à l’huile) va faire remonter ces toxines à la surface au moyen de techniques de massage adaptées données par des techniciens expérimentés ;
Svedana (la sudation) et Basti (un lavement léger) vont définitivement évacuer ces toxines vers l’extérieur.
De plus, les procédures variant selon la condition des patients, un grand nombre de techniques supplémentaires peuvent s’ajouter au Panchakarma « de base » : Nasya par exemple, un traitement des sinus, est souvent prescrit car ces derniers sont « la porte du cerveau ». Shirodhara (en), au cours duquel un filet d’huile tiède est déversé en continu sur le front du patient allongé, est réputé provoquer un sentiment de bien-être exceptionnel et est très souvent utilisé pour les désordres nerveux. Pattra Potali, un type de sudation, traite les problèmes d’articulation.
Certaines procédures plus inconfortables, telles que Vamana (le vomissement thérapeutique) et Raktamoksha (la saignée) sont utilisées pour des pathologies spécifiques (désordres du dosha Kapha pour le premier et problèmes sanguins pour le second) et font rarement partie du Panchakarma de base.
Les Rasayanas

Les Rasayanas sont des composés à base de plantes et de minéraux fabriqués avec le plus grand soin. Leur préparation implique généralement de nombreux processus, longs et minutieux, et leurs ingrédients de base doivent être de la plus haute qualité. Leur but est de maintenir la santé de l’individu, de la restaurer si nécessaire et de renforcer le système immunitaire. Certains accélèrent la guérison et favorisent l’élimination des toxines, tandis que d’autres ciblent l’esprit et l’intellect, améliorant la mémoire et la capacité d’apprendre.
Pris individuellement, chaque ingrédient génère son propre effet particulier, mais ensemble, ils produisent un effet synergique et holistique qui est plus que la somme des composants individuels. En sanskrit, le terme utilisé pour cet effet est sanyog. De plus, certains composants sont choisis uniquement pour contrebalancer l’effet des autres ingrédients ou pour aider le corps à les absorber.
Parmi les Rasayanas les plus connus, on peut citer Brahmi, Triphala, Amrit Kalash.
La diététique ayurvédique

L’Ayurveda intègre un système de recommandations nutritionnelles29. Ananda S. Chopra (2003), sur le thème de la diététique ayurvédique, écrit40 :
« La diététique ayurvédique comprend une série de recommandations, allant de la préparation et de la consommation des aliments, à de bonnes habitudes de santé pour le jour et la nuit, la vie sexuelle et les règles de conduite morale. »
—  Ananda S. Chopra40
L’ Ayurveda évite les recommandations générales car chaque individu est unique. Les prescriptions diététiques sont donc établies selon le type ayurvédique de chacun et tiennent compte des rythmes naturels tels que les six saisons indiennes et les différentes heures du jour qui influencent également les doshas.
Les six saveurs Pour l’Ayurveda, chaque aliment est composé d’une ou plusieurs de ces six saveurs : sucrée, aigre, salée, amère, piquante et astringente et il s’agit de connaître leur impact positif ou négatif sur les doshas individuels afin de les combiner au mieux.
Il existe des compendiums explicitant les saveurs contenues dans chaque type d’aliment (la viande, les légumes, les produits laitiers, les matières grasses, les édulcorants, les légumineuses, les fruits, les herbes et les épices, les céréales ainsi que les noix et les graines) et leur effet sur chaque dosha. À l’inverse, on trouve également des tables qui, à partir de chaque dosha, énumèrent les saveurs qui leur correspondent. Armé de cette nomenclature, il est facile de dresser un plan diététique adapté à Vata, Pitta et Kapha. Exemple : une personne de type Vata devra adopter une alimentation qui diminue l’élément Vata en favorisant les saveurs sucrées, aigres et salées qui correspondent à des aliments tels que les fruits doux, les produits laitiers, le beurre clarifié, le froment, le riz, le maïs, les asperges, les betteraves, les oignons, les radis, etc.
Selon l’Ayurveda, un repas équilibré devrait toujours contenir les six saveurs afin de nourrir et satisfaire pleinement le corps et l’esprit.
8. Mode de vie et hygiène personnelle

Svastha varta, parfois traduite par « hygiène personnelle », va bien plus loin que la simple propreté physique car elle inclut également des recommandations concernant le mode de vie telles que :
Dinacharya, la routine quotidienne
Ritucharya, les corrections saisonnières
Sadachara, les comportements adéquats
Rasayana, le renforcement du système immunitaire
Vajikarana, l’entretien du système reproducteur
Yoga
En Ayurveda, l’hygiène de la vie courante — le bain, le lavage des dents, les soins de la peau et le nettoyage des yeux — est une recommandation forte18. Il est également conseillé d’oindre journellement le corps avec de l’huile et de la faire pénétrer au moyen d’un auto-abhyanga, une forme d’auto-massage qui, tel l’abhyanga traditionnel pratiqué sur le patient au cours du Panchakarma, permettra le drainage des toxines vers l’extérieur et entraînera, outre un profond sentiment de bien-être, une longue série de bienfaits sur la santé.
9. Les maladies mentales
Pour la médecine ayurvédique, il n’y a pas d’opposition entre les phénomènes somatiques et les phénomènes psychologiques. Les pathologies mentales sont expliquées comme le reste des pathologies par un déséquilibre des doshas. Dans l’ayurveda classique, on parlait aussi de « possession » par des entités maléfiques

10. Corps / esprit
La Charaka Samhita évoque l’influence de l’esprit, des actions passées et des incarnations précédentes, sur le corps. Selon cette tradition, tout au long du cycle des réincarnations, l’être demeure. Le corps physique disparaît avec la mort mais la vie est perçue comme un continuum. Le karma affecte le corps subtil. Au cours des différentes vies, les actions de l’homme laissent dans son psychisme des saṃskāras, des traces ou empreintes, qui déterminent ses vāsanās, ses tendances, celles-ci s’exprimant sous forme de désirs dans la vie présente.
Pour l’ayurveda, l’esprit a quatre principales fonctions :
Indriya Abhigraha qui correspond à l’intégration des fonctions sensorielles,
Svasya Nigraha qui correspond au contrôle du moi,
Uha qui correspond au raisonnement,
Vichara (IAST : vicāra) qui correspond au jugement et à la délibération.
Quelques sources rares, telle que celle de Gananath Obeyesekere, pensent que le fonctionnement psychique est assez semblable dans l’ayurveda à celui que décrivent les théories psychanalytiques.

11. Recherches scientifiques
En Inde, la recherche en médecine ayurvédique est contrôlée en grande partie par l’intermédiaire d’un réseau national d’instituts de recherche émanant du gouvernement indien, tels que le Central Council for Research in Ayurveda and Siddha (CCRAS)46 et le Department of Ayurveda, Yoga & Naturopathy, Unani, Siddha and Homoeopathy (AYUSH)47.
Même d’ardents défenseurs de l’Ayurveda tels que le Dr M.S. Valiathan, un éminent cardiologue indien, admettent que « les études cliniques qui satisfont aux critères de l’Organisation mondiale de la santé ont été peu encourageantes en Inde, en dépit de la surpopulation des patients dans les hôpitaux ayurvédiques48. » Par exemple, un examen systématique des traitements ayurvédiques de la polyarthrite rhumatoïde a conclu que les preuves étaient insuffisantes, car la plupart des essais n’ont pas été réalisés correctement, et qu’un essai de qualité élevée ne montrait aucun bénéfice49.
S’agissant d’une médecine traditionnelle, de nombreux produits ayurvédiques n’ont pas été testés au cours d’études scientifiques rigoureuses et d’essais cliniques : aux États-Unis, le National Center for Complementary & Alternative Medicine (NCCAM) indique que « la plupart des essais cliniques sur les remèdes ayurvédiques montrent des insuffisances, qu’ils sont menés suivant des protocoles de recherche critiquables, que les groupes de contrôle ne sont pas appropriés, ou qu’ils présentent d’autres biais susceptibles d’affecter de manière significative les résultats50. »
12. Controverses

Rasa Shastra est la branche de l’Ayurveda traitant de l’utilisation médicinale des métaux. Leur adjonction en quantités infinitésimales à des préparations à base de plantes et de minéraux est pratiquée depuis des millénaires selon des techniques rigoureuses51. Les réactions indésirables éventuelles sont décrites dans les textes ayurvédiques traditionnels, mais les praticiens actuels sont réticents à admettre que certains composés peuvent parfois être toxiques et qu’il est difficile de trouver des informations fiables concernant cette toxicité52.
Selon une étude de 1990 concernant les médicaments ayurvédiques délivrés en Inde, 41 % des produits testés contenaient de l’arsenic et 64 % du plomb et du mercure, c’est-à-dire des métaux lourds connus pour leur effet néfaste sur la santé s’ils sont utilisés en trop grande quantité53. En outre, une étude réalisée par Robert B. Saper et al. publiée en 2004 dans le Journal of the American Medical Association a ėgalement trouvé des niveaux élevés de métaux lourds dans un cinquième des préparations ayurvédiques fabriquées en Asie du Sud et proposées à la vente autour de Boston : « Certains des fabricants impliqués ont certifié qu’ils testaient leurs produits à la recherche de métaux ėventuels, mais il s’avère que ces produits étaient eux aussi contaminés », a déclaré le Dr Robert B. Saper, directeur du département de intégrativemédecine à la Boston University School of Medicine et auteur principal de l’étude. « Le consommateur moyen, dit-il, n’a aucun moyen de déterminer parmi ces produits quels sont ceux qui sont pollués et quels sont ceux qui sont indemnes de contaminants ». Cette étude révèle également qu’en cas de prises à des dosages conformes aux instructions des fabricants, ce taux de 20 % « pourrait se traduire par des apports de métaux lourds au-dessus des normes réglementaires admises ».
Quatre ans plus tard, en 2008, la même équipe effectua une étude concernant 230 préparations achetées cette fois sur Internet et produites en Inde ou aux États-Unis et établit que 20 % de ces préparations contenaient du plomb, du mercure ou de l’arsenic.
Les défenseurs de l’Ayurveda affirment que la toxicité de ces matériaux est inexistante quand ils sont soumis aux procédés de purification traditionnels appelés samskaras et shodhanas, mais que certains laboratoires ne respectent pas ces procédés et que par conséquent, certains des produits mis en vente sont à même de provoquer des empoisonnements. Ces derniers seraient attribuables à des méthodes de prėparation erronées et au manque de formation des professionnels de la médecine traditionnelle indienne. Dans une lettre adressée à l’Indian Academy of Sciences, Patwardhan Bhushan — directeur de l’école interdisciplinaire des sciences de la santé de l’université de Pune — cite Saper et indique que la contamination et la négligence au cours des procédés de fabrication modernes, plus rapides que les méthodes traditionnelles de préparation, sont à l’origine des plaintes sur le niveau de toxicité des remèdes.
S’exprimant à ce sujet, M.S. Valiathan, président de l’Indian National Science Academy, note quant à lui que « l’absence de suivi des produits mis en vente et le peu de laboratoires de test disponibles font que le contrôle de qualité des médicaments ayurvédiques est extrêmement difficile à réaliser en ce moment ».
Après l’étude menée par Saper et al. le gouvernement indien a imposé que les médicaments ayurvédiques précisent leur teneur en métaux directement sur l’étiquette du produit car ce n’était pas toujours le cas jusqu’alors. Ces préparations posent en effet un sérieux problème d’étiquetage : les médicaments ayurvédiques relèvent de la compétence de la Drugs and Cosmetics Act, une loi datant de 1940, et leurs étiquettes doivent se conformer à ses exigences. Malheureusement, ces dernières ne sont pas toujours respectées et il n’est pas toujours facile de savoir ce que contient une préparation.
Le siècle dernier a été témoin de nombreux changements dans la fabrication des médicaments ayurvédiques. Dans les temps anciens, les médecins préparaient eux-mêmes leurs propres médicaments. Aujourd’hui, seule une poignée de praticiens suit encore cette pratique. D’autre part, la fabrication et la commercialisation des formulations ayurvédiques sont devenues une industrie florissante et ces remèdes sont principalement de deux types : les formulations classiques, préparées selon les étapes décrites dans la Samhita traditionnelle, et les formulations modernes brevetées par les grands laboratoires qui utilisent aujourd’hui des extraits de plantes et s’éloignent peu à peu des méthodes ancestrales. En dehors de ce secteur formel, il existe également un vaste secteur informel de guérisseurs non reconnus qui commercialisent leurs produits dans leurs propres échoppes ainsi qu’un marché parallèle non régulé et extrêmement florissant sur Internet. Les médicaments frelatés circulent donc en abondance.
13. Brevets et biopiraterie
L’Inde, qui abrite 7,8 % des espèces animales et végétales de la planète sur seulement 2,5 % des terres émergées, est très exposée aux risques de la biopiraterie. L’appropriation illégitime des ressources de la biodiversité et des connaissances traditionnelles autochtones sous la forme de dépôts de brevets effectués par des entreprises privées ou des centres de recherche y est un sujet particulièrement sensible depuis qu’en décembre 1993, le centre médical de l’Université du Mississippi a déposé un brevet auprès de l’United States Patent and Trademark Office afin de s’approprier l’emploi du curcuma, une plante herbacée aux vertus thérapeutiques. Le brevet fut contesté par le Conseil pour la recherche scientifique et industrielle de l’Inde, au motif que les praticiens traditionnels ayurvédiques connaissaient déjà les propriétés thérapeutiques de la substance depuis des siècles, ce qui faisait de ce brevet un cas évident de biopiraterie.
A partir de 1997, après que des paysans du nord du pays aient violemment protesté contre le brevetage par le semencier américain RiceTec d’une variété de riz basmati appelée « kasmati », le Gouvernement indien a pris conscience de l’ampleur du problème et s’est fortement impliqué dans la promotion de la médecine traditionnelle. Le rapport Sharma et Bodeker, qui a étudié les différentes activités du gouvernement en faveur de l’Ayurveda, note ainsi :
« En Inde, le gouvernement s’est impliqué dans la production de remèdes traditionnels lorsque le Central Drug Research Institute a breveté deux nouveaux médicaments préparés à partir d’anciennes formules ayurvédiques. L’un, un mélange de poivrier noir, de poivrier long et de gingembre, permet de réduire de moitié le dosage d’un antibiotique, la rifampicine, dans le traitement de la tuberculose et d’autres infections mycobactériennes. L’autre est un stimulant de la mémoire produit à partir d’une plante traditionnelle appelée brahmi. D’autres produits brevetables à base de curcuma et d’un arbuste, le margousier, ont suscité des controverses en Inde et dans d’autres pays. En août, le US Patent and Trademark Office a annulé un brevet américain sur les propriétés de guérison des plaies du curcuma lorsque le gouvernement indien a révélé qu’il existait des preuves de l’utilisation de cette substance dans cette indication depuis des siècles. »
—  Rapport Sharma et Bodeker
Afin de remédier au pillage de son savoir traditionnel par les laboratoires pharmaceutiques, le gouvernement a démarré un projet pharaonique de recensement du savoir-faire en matière de médecine traditionnelle et 250 000 formulations ont déjà été répertoriées. Des centaines de scientifiques épluchent les traités anciens de médecine ayurvédique pour y recenser les vertus déjà éprouvées de fruits ou de plantes médicinales. Cette « bibliothèque numérique du savoir traditionnel » qui compte 30 millions de pages a déjà permis d’annuler de nombreux brevets. La demande déposée notamment en 2007 par le laboratoire pharmaceutique chinois Livzon auprès de l’Union européenne et qui concernait l’utilisation de la menthe et de l’Andrographis (échinacée d’Inde) dans le traitement de la grippe aviaire a été rejetée

14. Statut actuel en Inde
En Inde, près de 80 % de la population utilise une forme de médecine traditionnelle, dont l’Ayurveda. Le pays dispose d’environ 440 000 praticiens65, 2 300 hôpitaux66 et 24 000 dispensaires ayurvédiques. Leur nombre varie cependant grandement d’un État à l’autre.
En 1970, l’Indian Medical Central Council Act a été adopté par le Parlement de l’Inde afin de normaliser les qualifications requises pour pratiquer l’Ayurveda et fonder des institutions accréditées pour son étude et la recherche associée. L’organisation de l’enseignement est confiée à un département du Ministère de la Santé et de la Famille69, le Department of Ayurveda, Yoga & Naturopathy, Unani, Siddha and Homoeopathy (AYUSH).
Aujourd’hui, plus de 250 collèges délivrent des diplômes officiels et le gouvernement indien soutient également la recherche et l’enseignement de l’Ayurveda à travers de nombreux canaux, tant au niveau national qu’au niveau des États, ce qui a permis d’institutionnaliser la médecine traditionnelle afin qu’elle puisse être étudiée partout. Le parrainage par l’Etat du Central Council for Research in Ayurveda and Siddha (CCRAS) a également été déterminant pour sa promotion : les études menées par cette institution englobent la recherche sur les plantes médicinales, la standardisation des médicaments, la pharmacovigilance, la littérature ayurvédique et la recherche clinique.
De nombreux hôpitaux et dispensaires sont gérés par des professionnels qui bénéficient de l’aide de ces institutions à la fois dans les zones urbaines et les zones rurales. Mukherjee et Wahile citent les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé pour démontrer la popularité de la médecine traditionnelle, sur laquelle 80% de la population s’appuierait pour bénéficier de soins de santé primaires.
15. Statut actuel au Népal
Selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 75 % de la population népalaise a recours à des remèdes à base de plantes et l’Ayurveda reste la forme de médecine la plus pratiquée dans le pays.
16. Statut actuel en Asie du Sud
Dans tout le sous-continent indien, la tradition ayurvédique reste très vivace, tout particulièrement au Sri Lanka où cette dernière est très similaire à la tradition indienne et où le nombre de praticiens ayurvédiques est plus élevé que celui des professionnels formés à la médecine moderne. Le gouvernement sri-lankais a créé en 1980 un Ministère de la Médecine Indigène afin de restaurer et de réglementer la pratique dans le pays. L’Institut de Médecine Indigène80 affilié à l’Université de Colombo propose quant à lui des diplômes de médecine et de chirurgie ayurvédiques.
Il existe actuellement 62 hôpitaux ayurvédiques et 208 dispensaires dans le système public, et ils servent près de 3 millions de personnes chaque année (environ 11 % de la population totale du Sri Lanka). Au total, environ 20 000 praticiens de l’Ayurveda sont enregistrés dans le pays. En outre, la fabrication et le marketing des médicaments ayurvédiques a permis leur commercialisation avec succès par plusieurs entreprises pharmaceutiques.

17. Statut actuel au niveau mondial
Les institutions académiques indiennes liées aux médecines traditionnelles ont contribué à donner à l’Ayurveda une visibilité internationale83. Kurup (2003) commente notamment le rôle de l’Université Ayurvédique du Gujarat8 :
« L’Université Ayurvédique du Gujarat a signé un protocole d’accord avec neuf instituts ayurvédiques fonctionnant au Japon, en Australie, aux Pays-Bas, en Italie, Argentine et Allemagne pour coordonner et faciliter la mondialisation de l’Ayurveda par le biais de la collaboration universitaire. Auparavant, l’Institut de médecine de Russie avait signé le protocole d’accord avec le gouvernement indien, dans lequel l’Université Ayurvédique du Gujarat était aussi l’une des autorités chargée de la mise en œuvre. »
—  Kurup
Les postulats et l’histoire de l’Ayurveda font également l’objet de recherches par des indianistes, tels que Dominik Wujastyk à l’Institut français de Pondycherry, au Royaume-Uni et à Vienne

18. Statut actuel aux États-Unis

L’Ayurveda commence à être accepté dans le monde occidental depuis que des recherches médicales universitaires étudient ses divers postulats. Aux États-Unis par exemple, le National Center for Complementary & Alternative Medicine (NCCAM)87 dépense une partie importante de son budget annuel de 123 millions de dollars pour la recherche en médecine ayurvédique. Les élèves désireux de se former effectuent généralement leurs études en Inde ou aux États-Unis où de nombreuses institutions délivrent aujourd’hui des diplômes adaptés. La pratique de l’Ayurveda, qui n’est pas reconnue officiellement dans ce pays, nécessite au préalable un diplôme délivré dans un autre courant de soins de santé.

19. Le rôle des plantes
Des centaines de plantes sont utilisées en médecine ayurvédique, notamment la cardamome et la cannelle, réputées stimuler les enzymes digestives qui dégradent les polymères des macromolécules assimilées par le corps humain. Plusieurs philosophes de l’Inde ont combiné la religion et la médecine traditionnelle — un exemple notable étant celui du bouddhisme et de l’Ayurveda. Figurent dans cette image le philosophe Nāgārjuna, surtout connu pour sa doctrine de la Madhyamaka(voie du milieu) — qui a écrit des ouvrages médicaux comme Les cent prescriptions et La précieuse Collection, entre autres. Certaines recherches suggèrent que la Terminalia arjuna pourrait calmer les douleurs de l’angine de poitrine et être utile dans le traitement de l’insuffisance cardiaque et de la cardiopathie coronarienne. La terminalia peut également être utile dans le traitement de l’hypercholestérolémie.
Les sept Chakras (en dévanâgarî : चक्र) et le Mahābhūta(en dévanâgarî : महाभूत) dans la tradition tantrique. Le yoga et le tantrisme ont influencé la médecine ayurvédique traditionnelle. Le margousier aurait des capacités immuno-stimulantes et est souvent utilisé comme anti-infectieux. Il serait capable d’augmenter la production d’interleukine et d’augmenter l’immunité des volontaires en augmentant le taux des lymphocytes et en particulier des lymphocyte T au bout de trois semaines de traitement. Cataracte sur un œil humain — vue grossie de l’examen à la lampe à fente. La chirurgie de la cataracte était pratiquée par Sushruta. En Inde, la chirurgie de la cataracte était réalisée avec un instrument spécial appelé Jabamukhi Salaka, une aiguille courbe utilisée pour abaisser le cristallin et repousser la cataracte en dehors du champ de vision94. L’œil est ensuite enduit de beurre chaud et recouvert d’un pansement94. Le poivrier noir et le poivrier long sont combinés au gingembre pour former le trikatu, un mélange traditionnel en médecine ayurvédique. Ce mélange augmente l’appétit, favorise la sécrétion des sucs gastriques et soigne certains troubles gastriques — en particulier l’achlorhydrie et l’hypochlorhydrie.

Le mantra मणि पद्मे हूँ, écrit sur les rochers. Le chant des mantras est caractéristique de l’Ayurveda depuis que l’Atharva-Veda — une grande partie du texte étant de nature religieuse — a été compilé. Les huiles, comme l’huile de sésame et l’huile de tournesol, sont largement utilisées en médecine ayurvédique. Les études montrent que ces huiles contiennent d’importantes quantités d’acide linoléique et de triglycérides dans leur formulation. Les huiles riches en acide linoléique pourraient avoir des propriétés antinéoplasiques. Structure chimique du curcuma utilisé en médecine ayurvédique. Il figure ici sous la forme de cétone.
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20. Vision de l’Ayurvedisme par quelques thérapeutes français

Régime de vie selon l’Ayurveda

La science ayurvédique considère que le bonheur et le malheur résultent respectivement de l’état de santé ou de maladie de la personne. La personne parfaitement saine est nommée Purusha ou la divinité éternelle. Les causes de la maladie sont psychosomatiques (Deha-Manasa - provoqués par le Manas ou le mental émotionnel).[suite]

Un aspect très important stipulé par cette science sacrée est que la guérison doit être mise dans les mains de la nature. La thérapie ayurvédique aide par l’intermède des herbes, des procédures, et des changements des habitudes de vie et alimentaires pour ramener le corps et l’esprit à leurs états naturels d’équilibre.
Selon l’Ayurveda, toutes les maladies sont causées par l’aggravation des Doshas. Cette aggravation de Doshas est causée généralement par une nourriture inadéquate et par un mode de vie inapproprié. Les trois causes de la maladie sont l’utilisation incorrecte, excessive ou insuffisante de sens, des actions et aussi les facteurs saisonniers.
1. L’utilisation impropre des sens implique un contact malsain des sens (goût, toucher, vue, ouïe, et de l’odorat) avec les objets. Par exemple, entendre des sons forts peut provoquer de graves troubles à l’esprit ainsi que de problèmes de santé.
2. Les actions relatives au corps, aux paroles et à l’esprit. Il s’agit notamment de la conduite, de la posture, des préoccupations et des émotions. Les pensées et les décisions conduisant à des situations malsaines sont des erreurs de jugement. Spirituellement parlant, l’erreur intellectuelle principale est de croire que nous sommes séparés de ce qui nous entoure. Les textes ayurvédiques nous enseignent que la perte de la foi dans la Divinité est la cause primordiale de toutes les maladies.
3. Les facteurs saisonniers : le Vata s’accumule pendant la sécheresse ou la déshydratation provoquée par la chaleur de l’été. Il devient aggravé au cours de la saison d’automne lors de l’amplification du vent, du froid et de la pluie ce qui affaiblit la digestion.
Le Pitta s’accumule au cours de la saison de pluie à cause des conditions acides de l’atmosphère. Il est aggravé au cours de l’été lorsque la chaleur est intense.
Le Kapha s’accumule pendant la saison froide (de mi-janvier à la mi-mars) en raison du froid et de l’humidité causés par les vents, des nuages et la pluie. Il devient aggravé au cours du printemps (de mi-mars à la mi-mai), quand le temps chaud liquéfie la Kapha accumulée.
Selon l’Ayurvéda, les maladies sont causées par des facteurs externes (causées principalement par l’exposition aux éléments (chaleur, froid, vent, pluie) et par les blessures et aussi par des facteurs internes, quand les maladies sont dues à des déséquilibres Doshiques et aux facteurs psychologiques.
La plupart de déséquilibres sont causées par une déviation du rythme de la nature et de notre manque de connaissance et de compréhension de celles-ci.
L’état de santé et l’équilibre émotionnel ainsi qu’un état de bien-être ne peuvent pas être atteints sans une routine permettant une meilleure synchronisation avec le rythme cosmique. Suivre une routine favorise l’équilibre de notre constitution et l’horloge biologique. Elle est essentielle pour une bonne digestion et pour la paix et l’harmonie de l’esprit.
La régularité des repas, des activités physiques, et une discipline sont des facteurs clés pour l’équilibre des doshas. Le stress, les heures longues de travail, les mauvaises habitudes de vie ne font que déséquilibrer le système digestif et l’assimilation de la nourriture et provoquent l’accumulation des doshas.
L’Ayurvéda nous apprend que l’organisme est un mécanisme assez précis qui fonctionne selon des règles précises. Par exemple, chaque organe du corps a un certain moment quand il donne son maximum. Ces moments sont en concordance avec les périodes de la journée qui correspondent aux doshas.
Périodes VATA 2 h – 4 h et 14 h – 16 h Périodes PITTA 10 h – 14 h et 22 h – 2 h Périodes KAPHA 6 h – 10 h et 18 h – 22 h
Pendant ces périodes, les doshas respectifs ont tendance à être en excès, et en conséquence les organes qui leur correspondent ont leur période maximale. Ainsi, les poumons ont leur période maximale le matin, l’estomac à midi durant la période Pitta, le foie au début de l’après-midi, le colon et les reins à la fin de l’après-midi.
Les sages de l’ancien nous conseillent de prendre en considération ces horloges internes ainsi que la variation des doshas avec les périodes de la journée et les saisons. Il est évident que dans notre société ce rythme est beaucoup ignoré et les lois fondamentales de la vie ne sont pas connues ni suivies. La maladie n’est que le résultat de notre ignorance des lois de la nature qui ne peuvent pas être ignorées pour long temps sans avoir des répercussions sur l’état de santé et de bien-être.
Voici quelques éléments importants d’une routine ayurvédique :
LE MATIN
Se réveiller tôt le matin (avant le lever du soleil), car c’est le moment où l’énergie de la terre est en expansion, l’esprit et les organes de perceptions sont purifiés. L’heure du lever du soleil change avec la saison, alors nous allons nous réveiller plus tôt en été et un peu plus tard en hiver. Généralement parlant, les meilleures heures sont : 6-7 h pour le Vata, 5 h 30 – 6h pour le Pitta, 4 h 30 ou 5 h pour le Kapha. Aussitôt réveiller, regarder les mains et les frotter pour ensuite les passer sur le visage, le cou et la poitrine.
Faire la consécration de la journée à l’esprit universel ou à la divinité pour commencer la journée avec les meilleures pensées pour l’humanité en général et pour nous-mêmes. (ici c’est le moment faire sa prière, répéter sa résolution, etc.)
Boire une tasse d’eau chaude (pour Vata et Kapha) ou tiède pour le Pitta. Ceci a le rôle de nettoyer le tube digestif et de stimuler les reins. Elle aide aussi à stimuler les contractions des intestins qui préparent l’élimination.
Se laver le visage et les yeux avec de l’eau fraîche plusieurs fois. Pour les yeux, jeter de l’eau fraîche tout en gardant les yeux ouverts et ensuite faire quelques mouvements avec les yeux (en les clignotant et aussi en les tournant gauche — droite et haut - bas). Brosser les dents avec un bon dentifrice à base des herbes ayurvédiques et ensuite se nettoyer la langue avec une cuillère à thé, la brosse à dents ou avec une gratte langue. Il est important de nettoyer la langue tous les jours, car ce geste aide non seulement à enlever les bactéries, mais aussi stimule le feu digestif (agni) et les enzymes digestives.
Appliquer quelques gouttes d’huile (2-5) (ghi, ou huile de sésame) dans les narines pour maintenir les sinus propres et pour améliorer la clarté de l’esprit.
Masser le corps à l’huile. Réchauffer un peu d’huile dans un conteneur et l’appliquer rigoureusement sur le corps, partout sur les bras, les jambes, les épaules, l’abdomen. On peut employer de l’huile de sésame pour Vata, de tournesol ou d’olives pour le Pitta et de maïs ou de moutarde pour le kapha. Le massage à l’huile améliore la circulation sanguine, calme l’esprit et réduit le Vata.
Prendre une douche ou un bain. Pour éliminer l’excès d’huile, prendre une douche chaude en utilisant du savon ayurvédique à base des plantes. La douche et le bain apportent de l’énergie, purifient et favorisent une longue durée de vie. L’eau a un puissant effet purificateur.
Faire de l’exercice physique. Dépendamment de la constitution et de la température, faire des promenades, du jogging, des asanas. Les asanas sont des bonnes exercises pour tous les types : par exemple pour le vata 6-12 cycles de salutation au soleil en douceur, pour le Pitta – 12-16 cycles de salutation à la lune - modérément et avec une conscience du souffle, pour le Kapha 12 cycles de salutation au soleil, effectués rapidement et rigoureusement.
Le Pranayama – une fois l’exercice physique terminé, il est important de faire quelques exercices de respiration. Par exemple 12 respirations alternées pour le Vata, 16 shitali ou des respirations lunaires pour le Pitta et 100 Bhastrika Pranayama pour le Kapha.
La Méditation – à faire tout de suite après le pranayama. Ici c’est le moment d’introduire sa pratique de méditation. La méditation apporte de la paix, de l’amour et de l’équilibre à notre vie. À travers la méditation nous pouvons libérer les noeuds de la conscience, les blocages émotionnels non résolus et nous connecter à l’esprit universel, la source de tout ce qui existe.
Après la méditation nous sommes prêts à commencer la journée et à contribuer à l’histoire de l’humanité avec conscience, amour et détachement de fruits de nos actions.
À MIDI
À midi, il est important de prendre le temps de manger. Une soupe, une salade, du riz avec des légumes, ou ce qui est bon pour sa constitution. Ne pas boire trop d’eau avec le repas, ni prendre de dessert à la fin. Boire une tasse d’eau chaude après le repas, surtout pour le Vata et le Kapha car ceci favorise une bonne digestion. Manger les fruits au moins une heure après le repas.
Si possible après les heures de travail il est bien de marcher dans un parc, dans la nature ou le long d’un lac ou d’une rivière. Écouter les sons de la nature, respirer consciemment, pour célébrer notre expérience sur Terre. La routine laisse de l’espace pour la conscience, pour l’ouverture, pour la VIE.
LE SOIR
Si possible, prendre une douche an arrivant à la maison. L’eau est un élément puissant de purification qui peut enlever les énergies négatives et les vibrations que nous avons assimilées des autres personnes pendant la journée. Cela nous permettra de nous centrer et de nous séparer de la journée de travail.
Manger autour de 6 h, au plus tard à 7 h et accorder l’attention totale au repas (ne pas lire, écouter la télévision, etc.).
Après le repas de soir, faire les activités de la maison en chantant de mantras ou an chantant des chansons ou avec la conscience de nos gestes et de nos pensées. Développer une attitude de joie, de détachement, de concentration sur les taches régulières.
Écouter la télévision, lire un livre sur la spiritualité, écrire dans son journal, écouter une musique relaxante et inspirante, travailler ses affirmations.
Pour mieux dormir, vers 9 h 30 on peut boire une tasse de lait chaud avec de la cardamome, gingembre, curcuma et avec un peu de ghi pour le Vata et le Pitta.
Pour un meilleur sommeil : Masser les pieds et le sommet de la tête avec un peu d’huile de sésame.
Avant de dormir, un peu de pranayama et de méditation font une bonne fin de la journée. Tout simplement observer sa respiration et les espaces entre deux respirations quand on peut connaître le silence absolu d’où la vie provient.
Le temps d’aller au lit varie avec les doshas, pour le Vata à 10 h du soir, pour le Pitta entre 10 et 11 h et pour le Kapha entre 11 h et minuit. Pour les Kaphas, il est important qu’ils ne dorment pas trop longtemps, car trop lent.

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21. Comment était considéré l’ayurvedisme sous le Second Empire
MÉMOIRE LU A L’ACADÉMIE IMPÉRIALEDE DANS LA SÉANCE DU 26 OCTOBRE 1858

PAR
RENÉ BRIAU,
Bibliothécaire de l’Académie impériale de médecine,

RUEDUCLOÎTRE SAINT-BENOIT,
1858.

Paris, 1855,
COUP
D’ŒIL SUR LA MÉDECINE DES ANCIENS
INDIENS

On admet généralement que la science médicale, ainsi que la plupart des autres branches-des connaissances humaines, nous les possédons aujourd’hui, a pris naissance telles sur le sol privilégié de la Grèce ; et les documents histori- que ques les plus concluants permettent en effet d’en suivre les évolutions successives depuis Hippocrate jusqu’à nos jours. On admet en outre, avec toute raison, que c’est à ce grand que revient l’immortel et impérissable honneur d’avoir établi les lois générales et posé les vrais principes de la médecine ; d’avoir, en un mot, constitué à l’état de science les notions transmises des temps anciens jusqu’à lui par une homme tradition confuse et mal définie. A Dieu ne veuille chercher à diminuer cette gloire si justement Mais l’intérêt de la vérité domine tous les autres, et nous fait un devoir de nous enquérir s’il n’existe aucun écrit plus ancien que la collection contenant les éléments d’une science médicale monument aucun livre hippocratique, déjà organisée plaise que établie ! je -h- avec toutes les connaissances nom de science. Examinons donc si d’autres anciennement civilisés que les Grecs, mais beaucoup plus récemment connus et étudiés par nous, n’étaient pas dépo- sitaires de traités médicaux antérieurs à ceux que nous con- naissons, et en tous cas, indépendants de ces derniers. En poursuivant mes recherches habituelles sur de la médecine et sur les médecins de l’antiquité, je fus entraîné, il y a quelque temps, à faire des études sur la langue sanscrite et à prendre une connaissance générale de cette vaste littérature qui contient un des plus anciens livres connus, et qui ne comporte pas moins de vingt-cinq siècles dans les phases diverses de son développement. Pendant cette excursion en dehors du domaine médical, à laquelle la curiosité philologique avait la plus grande part, je ne pouvais cependant me dépouiller de mon caractère de mé- decin, et je me demandai bien vite si par hasard il n’exis- tait rien d’intéressant pour notre science dans cette immense agglomération de productions religieuses, épiques, gram- etc. Je me souvins alors que Rhazès, dans son grand ouvrage intitulé El Hawi, c’est-à-dire, le continent, rapporte assez souvent les opinions des médecins indiens ; mais on n’avait pu tirer aucun parti de ces fragments épars pour se faire une idée juste du développement scientifique et de l’anti- maticales, etc., de la médecine dans les contrées qu’arrose le On pouvait seulement en inférer qu’il y avait eu autrefois dans ce pays une culture assez avancée dela médecine. En quité Gange. effet, si le peuple indien, essentiellement contemplatif et générales que le peuples plus comporte l’histoire la avec l’aide souvent invoquée de mon excellent ami, 5 soucieux des besoins matériels de la vie, a pu négliger beaucoup de sciences conduisant à des résultats pratiques, peu il lui était impossible de se passer de la médecine, qui est, avec la religion, la plus impérieuse nécessité des peuples, à ce point qu’aucun, même parmi les plus barbares, ne peut y échapper. Ces considérations me firent rechercher avec soin les documents qui pouvaient avoir un rapport plus ou moins direct avec notre science, et j’appris ainsi que le texte sans- crit du plus ancien des ouvrages de médecine de l’Inde avait été imprimé à Calcutta en 1835, et avait été traduit un médecin allemand, M. Francis Hessler, dont le tra- vail était en ce moment même en voie de publication. J’eus par le bonheur de rencontrer un exemplaire de cet ouvrage à Société asiatique, dont j’ai l’honneur d’être membre ; et M. Fou- caux, professeur de sanscrit au collège de France, j’ai pu une connaissance assez exacte de la valeur scien- prendre tifique de ce traité qui, comme je le dirai plus antérieure à l’ère chrétienne. Susrutas, Science de la médecine par Susruta. d’abord comment la doctrine lui a été heureux même avait recueilli loin, remonte à une par l’intermédiaire des deux Asvin, démiurges époque Ce livre est intitulé Ayurvedas, L’auteur c’est-à-dire, déclare tout D’hanvantari, espèce d’Esculape la science de la bouche de Brahma, cor- de respondent Castor et Pollux. Il assez exactement aux qui personnages grecs a ici, comme en points, similitude presque complète entre la filiation des mythes beaucoup ne faut point y indiens et des mythes grecs. Il d’autres révélée par le bien- indien qui lui- s’étonner de cette les retrouve dans 6 ressemblance et de ce parallélisme ; on toire d’ailleurs ces peuples, dont la parenté originelle est ou la plupart des faits principaux de l’his- primitivede aujourd’hui très bien démontrée. Le sloka, • termine le de ces faits : « Celui qui étudie ce véda éternel révélé par distique qui premier chapitre, rend ainsi compte vSvayambhu et commenté par Kasiradja, s’il est pur et Mhonoré par les rois, ira retrouver, après la mort des cinq » esprits vitaux, les habitants du monde d’Indra. » Or, Sva- yambhu signifie motà motcccelui qui existe par lui-mè’me » ; c’est une épithète de Brahma, le dieu suprême. Kasiradja veut dire « seigneur ou roi de Bénarès » ; c’est une dési- de D’hanvantari. Comme il est facile de le prévoir, la médecine de Susruta est mêlée de légendes et de pratiques religieuses, ainsi que de principes théologiques. Aussi, pour l’exercer, fallait-il avoir obtenu la permission des brahmanes et leur être bien que d’ailleurs le médecin eût la liberté de choisir ses disciples indifféremment, dans les quatre castes de gnation affilié, l’Inde. Mais ces matières sont loin de former la partie prin- cipale de l’ouvrage ; les préceptes vraiment scientifiques y sont en grande majorité. On y enseigne dès le commen- cement que le médecin doit se munir de toutes les connais- sances qui ont quelque rapport avec la médecine, et l’on trouve nettement formulée la règle suivante : « Celui qui y » connaît complétement la doctrine, mais qui est inhabile » aux opérations, se trouble chaque fois qu’il aborde le ma- » lade, comme un soldat timide qui se présente au combat. » D’une autre part, celui qui, versé dans l’art chirurgical, met » cependant de côté la doctrine par présomption, ne mérite 7- « pas d’être honoré par les gens de bien. Ces deux hommes, » qui ne connaissent chacun que la moitié de l’art de guérir, » sont également incapables de bien s’acquitter de leurs » fonctions, et ressemblent à deux oiseaux qui n’auraient » qu’une aile chacun. » On voit parla que chez les Indiens la médecine n’était pas séparée de la chirurgie, et que l’art, de guérir formait un tout complet sans aucun fractionnement. Susr-uta veut que celui qui se destine à la médecine soit noble, jeune, beau, vigoureux, pur, sacrées, modeste, intelligent, discret et patient. Il doit se préparer par des sacrifices, des prières, des invocations, suivant les rites sacrés, et être choisi par un médecin d’une caste supérieure à la sienne. 11 ne pourra se livrer à la pra- tique qu’après avoir longtemps étudié et après s’être exercé un grand nombre de fois à toutes les opérations. En pu- blic, il doit être digne et paraître supérieur aux autres hommespar sa tenue et sa décence ; il faut qu’il soit doux et bienveillant ; il sera vêtu de blanc, aura main, une canne à la les cheveux courts et les ongles coupés ; il doit évi- ter avec soin de babiller et aux scélérats et aux la religion chasseurs. Ce précepte vient de ce que brahmanique reconnaît le dogme de la métem- .psycose, enseigne animaux. Il reconnaître les mala- instruit dans les sciences de plaisanter avec les femmes. combien ces recommandations se Chacun remarquera ici rapprochent de celles qui sont contenues dans le traité hip- pocratique intitulé Du médecin, sauf quelques détails qui tiennent à la différence des lieux et des prescrit, en outre, de ne jamais donner de soins et défend en conséquence de tuer les qu’il y a trois moyens de dies : 1° l’inspection des malades, 2° le toucher, 3° l’in- mœurs. Susruta médicaux sens pour bien diagnostiquer. la nature : ce sont C’est à l’aide de ces cinq éléments que tretient toutes choses. Il n’échappera à personne théorie de la à l’aide de naturels, diffère dela tfiéorie philosophie indienne, -8 - terrogation. Il ajoute qu’on doit employer aussi les cinq UAyurveda reconnaît cinq principes ou éléments dans l’air, le feu, la terre, l’eau et l’éther. Brahma crée et en- laquelle grecque des quatre éléments par l’introduction d’un explique tous les phénomènes cin- principe, l’éther, auquel on fait jouer un rôle im- quième portant. Toutefois il est essentiel de remarquer qu’en mé- decine les Grecs admettaient le TcveO^a(esprit), qui, selon eux, circulait dans les artères ; et Susruta admet également l’éther circule dans les vaisseaux rouges : carla science indienne distingue des vaisseaux noirs, qui sont les veines ; que des vaisseaux rouges, qui sont les artères ; et enfin, chose surprenante ! des vaisseaux cachés, que M. Hessler croît être les nion losophie, principes et agissent sur aliments, sons, lymphatiques. Mais j’avoue qu’avant d’adopter l’opi- étrange que les Indiens ont pu connaître ces vaisseaux, d’en rechercher et d’en trouver la preuve tout besoin à fait évidente. j’ai Ainsi le cinquième élément, rejeté de la phi- se retrouvait dans la médecine grecque. Ces cinq aux cinq sens, savoir : l’air au tact, le feu à la vue, la terre à l’odorat, l’eau au goût, et l’éther à répondent l’ouïe. Ils sont, au reste, les causes éloignées des maladies, des Les causes répartition maladies et le défaut naturelles et des maladies surnaturelles l’organisme humain par le moyen des sai- de l’atmosphère et des lieux. prochaines des maladies sont la mauvaise Il y a des ou démo- d’équilibre des humeurs. que cette elle niaques. 1° les 2° les 3° les quatre de lésions -9 Les maladies naturelles sont de espèces : extérieures ; intérieures ; passions ; accidentelles, qui proviennent corporelles, qui proviennent morales, qui comprennent de lésions toutes les tio enfin, les naturelles, qui sont le propre de notre nature, comme la faim, la vieillesse, la mort, etc. Mais c’est là seule- mentle point de vue théorique, car, sous le rapport pratique, YAyurveda divise simplement les maladies en internes et externes. Les indications thérapeutiques pour les affections internes sont tirées principalement des saisons, de l’âge, de la force et du caractère des sujets. La matière médicale est prise, presque entièrement, dans les règnes végétal et ani- mal. A peine quelques substances métalliques sont-elles indiquées dans le livre de Susruta. La potasse caustique seule y est fréquemment conseillée. Du reste, les moxas, les cautères de toute espèce, les sangsues, les ventouses, les cataplasmes, les injections, les frictions, etc., etc., sont constamment recommandés. Une part très large est égale- ment faite aux moyens mystiques, aux enchantements et aux cérémonies religieuses. Il ne faut pas oublier, en effet, que notre ouvrage est un véda, c’est-à-dire un livre sacré. Ce latin mot veda est pris de la racine vid, qui a fourni le mot et qui exprime l’idée de voir ou savoir ; veda signifie la science par excellence, la videre, d’où science sacrée. La chirurgie de Susruta, savante que celle des Grecs, est cependant dans un développement dont on a droit d’être étonné ; sition prouve que les médecins expo- Ainsi on y trouve divers la décrits la pratique des plus grandes cystotomie opérations. périnéale, l’embryotomie, sans être aussi avancée ni et son indiens étaient versés dans aussi état de 10 genres d’autoplasties et de sutures, la dissection des fistules anales et des tumeurs hémorrhoïdaires. L’arsenal chirur- gical est déjà considérable ; on y voit figurer différentes espèces de couteaux, de pinces, de scies, de spéculums, de sondes, d’aiguilles, de ventouses, de potentiels, etc. Toutefois leurs connaissances ou du moins dans une naïve en- cautères actuels et plus qu’aucun autre peuple, recherches sur les animaux : d’ailleurs, ils ne sont à fance ; car les Indiens avaient, peu près nulles, le respect des morts, et leurs croyances religieuses s’oppo- saient aux sentaient probablement pas le besoin de ces études tives et précises, qui sont la gloire et qui révèlent une culture intellectuelle avancée. Leur anatomie consiste donc seulement à dénommer les les plus apparents et à énumérer le nombre des os. Ai-je besoin d’ajouter que leur physiologie, n’ayant pas de base, ne consiste que dans des explications théoriques purement intuitives ? Mais un point sur lequel on revient avec in- sistance dans l’dyurveda, c’est la nécessité indispensable pour le médecin de s’exercer longtemps à la pratique des Cet exercice, sans cesse recommandé, peut opérations. avoir lieu sur toutes les productions végétales naturelles. est même permis, pour cela, tant on y attachait tance ! de se servir des cadavres d’animaux. Enfin, Il croirait ! il est dit dans un endroit connaître les organes sur des cadavres humains, que ce soit après plusieurs jours de purifications multitude de préparations religieuses. Du reste, les qua- lités requises pour être bon opérateur sont d’être ferme, prompt, imperturbable, sans faiblesse ni crainte, et d’avoir qui qu’on peut apprendre anatomiques posi- des écoles modernes organes d’impor- le à pourvu et une il un instrument bien affilé. Il est impossible de ne pas rap- peler ici que Celse exige du chirurgien, presque dans les mêmes termes, les mêmes qualités, auxquelles il ajoute celles d’être jeune et Ces sortes de rapprochements pourraient être beaucoup plus multipliées ; mais mon intention étant de ne donner nité, vinrent trouver le bienheureux D’hanvantari et le ambidextre.. ici qu’un aperçu très général du plus célèbre et du plus ancien des livres de médecine de l’Inde, je m’abstiendrai de plus amples détails sur les doctrines qu’il contient, pour dire quelques mots de l’époque où il a été rédigé. L’ouvrage commence par une invocation à Brahma, à Indra et aux deux As-vin ; puis il raconte que plusieurs hommes, prenant en pitié les maux qui affligent l’huma- supplièrent de leur enseigner les moyens d’y remédier. Celui-ci daigna se rendre à leurs prières, et en choisit un parmi eux pour lui dicter un abrégé de la science que Brahma lui-même avait révélée. Le disciple privilégié fut sous la dictée de son maître. Ce livre, dont la majeure partie est en prose, con- Susruta, qui rédigea YAyurvedci tient cependant de nombreux préceptes en vers çà et là, et Je suis très convaincu que cette partie rédigée sous la forme vrage. disposés par distiques, poétique est beaucoup plus ancienne que le reste de l’ou- Ces préceptes, résultats de l’expérience et formulés en règles avant que l’écriture fût connue, durent être trans- mis par la voie orale de génération en génération, et cela il fallut se servir d’un procédé qui permît de les retenir facilement gravés dans la pour mémoire. Les médecins devaient de même que les prêtres étaient les apprendre par cœur, disséminés à la manière des Védas. Il-) - tenus d’apprendre de la même manière, et mot à formules de prières et d’invocations. Leur lencieuse, donnent à ces règles canoniques quelque ressemblance avec prouver ; assertion peut-être et la vérité m’oblige à dire qu’il ne justifie cette d’établir mot, précise, laconique, et leur couleur religieuse les monuments de législation les plus primitifs, comme, par exemple, la loi romaine des Douze tables, et leur im- un caractère d’archaïsme qu’il est impossible de méconnaître. Ces distiques ne sont donc qu’une collection d’aphorismes médicaux transmis par la tradition depuis les temps les plus anciens, et intercalés par Susruta dans son œuvre propre. Quant au reste de l’ouvrage, il est proba- blement d’une date beaucoup plus récente. priment Il serait sans doute très intéressant de connaître l’époque où vécut Susruta, et où il rédigea son livre ; mais, dans l’état actuel dela science, il est absolument impossible de résoudre cette question. M. le docteur Hessler, dans le travail dont j’ai fait mention, ne craint pas d’affirmer que l’auteur de l’Ayurveda vivait au moins mille ans avant l’ère chrétienne. Mais il est plus facile d’affirmer que de par possible limites avec vraisemblance aucune raison bien solide. Toutefois il est entre lesquelles on pourra placer rédaction du livre de Susruta. Ainsi, d’abord on trouve dans le lU ahabharata (1) un passage qui l’Atharvaveda et de ses appendices, dont notre ouvrage médecine fait partie, comme l’auteur le déclare dans son pre- mier chapitre. On doit donc conclure de ce passage (1) Mahabharatai,n nala, lib. XII, slok. 17. certaines extrêmes, la les rédaction sen- fait mention de de d’un des - grands poëmes épiques de l’Inde, que l’Ayurveda est anté- rieur à la rédaction du Mahabharata. En outre, un des plus - 13 les indianistes probable qu’à une époque reculée il existait une célèbres comme école de médecine célèbre à Bénarès,et déjà nous avons vu que D’hanvantari était appelé Kasiradja, c’est-à-dire « roi ou seigneur de Bénarès M, et que Susruta était son parmi actuels, regarde A la vérité, M. Wilson ne spécifie pas ce qu’il entend par une époque reculée ; mais il est facile de con- disciple. directeur de cette école mis au rang des dieux ne peut être qu’un personnage fort ancien. Enfin Strabon (2), qui, comme on sait, vivait sous les règnes d’Auguste et de Tibère, dit, d’après Mégasthène, historien du temps d’Alexandre le Grand, que les anciens Indiens ne s’appliquaient à aucune autre science qu’à la médecine, et ajoute, ce qui est plus concluant, qu’outre les quatre élé- ments admis parla science grecque, ils en reconnaissaient un cinquième. Or, nous avons vu que cette théorie des cinq éléments se trouve précisément exposée tout au long dans l’Ayurveda. De tous ces témoignages, dont je n’ai point épuisé la liste, avant l’ère chrétienne, et que les peuples possession d’une science médicale dogmatisée avant cette époque, comme le prouve la partie du jecturer qu’un il me semble résulter que la rédaction du livre n’a pas pu avoir lieu plus tard que deux ou trois siècles (I) Vischnupuruna, p. 407, n° 41. Londres, 1840. (2) Strabon, Géographliv. XV, chap. i, §§59 et 60. thène, dans Fragm. hist. grœc. (Éditions Firmin Didot.) Mégas- M. Wilson(l), de Susruta indiens étaient en longtemps livre - ill- rédigée en distiques. J’ajouterai, pour faire voir en honneur était la médecine dans ces contrées, que quel dans les annales il est fait mention dix villages. Maintenant beaucoup se demanderont si singhalaises, d’un roi de Ceylan, nommé Bouddhadasa, intitulées qui, vers le milieu du ive siècle de notre ère, développée parallèlement et simultanément chez les deux peuples, dont pourtant l’origine était commune. Cette question est fort complexe, et ne peut être résolue d’une manière radicale et complète. D’un"art, on peut remarquer que Hippocrate fait entrer dans sa matière médicale un certain nombre de plantes indigènes de l’Inde, tandis qu’on ne trouve dans Susruta aucune indication de plantes originaires de Grèce. J’ai déjà fait voir, en outre, qu’une partie de YÀyurveda un caractère religieux et archaïque qui la recule bien loin dans l’antiquité. Mais, d’un autre côté, il est dif- présente ficile d’admettre que la science grecque n’ait point pénétré le Grand. En effet, les guerres, qui bouleversent les empires et mélan- dans l’Inde à la suite des conquêtes d’Alexandre gent les populations, ont cet avantage que les peuples les plus vainqueurs avancés en civilisation et en science, ou de leurs idées vaincus, imposent aux autres quelques-unes et de leurs tendances. Je n’ai rencontré jusqu’à présent, dans Y Ayurveda, aucune trace d’emprunt fait aux Grecs ; mais si, postérieurement à l’invasion d’Alexandre, on avait Mahavamsaet Soulouvamsa, fut un plusieurs livres de médecine, fonda de écrivit nombreux hôpitaux, et établit un médecin par grand section de médecin, appris la médecine des Indiens, ou si ces ont empruntée, ou bien si la science s’est les Grecs ont derniers la leur 15 intercalé dans ce livre quelques parcelles des connaissances helléniques, ce que le caractère indien rend d’ailleurs très peu vraisemblable, Pour mon travail à ce compte, je d’un sujet aussi complétement neuf. tâcherai d’apporter mon tribut de Paris. il n’en faudrait rien conclure contre de la doctrine de Susruta. Il est facile de se l’originalité rendre compte que la médecine est la plus ancienne des sciences. Elle résulte de besoins tellement impérieux et inhérents à l’humanité, qu’elle a pu être dogmalisée chez plusieurs peuples à la fois sans que les uns aient eu con- naissance des découvertes des autres. Je reste donc persuadé qu’avant l’arrivée des Macédo- niens dans l’Inde, les peuples de ce pays étaient déjà en possession d’une science médicale bien ordonnée et rédigée en corps de doctrine. Une étude plus approfondie des docu- ments que nous possédons sur la médecine de ces contrées si anciennement point intéressant d’histoire de la médecine. Imprimeriede L. rue 2. MARTINET, Mignon, et pourtant si nouvelles encore civilisées, sans doute d’éclaircir tions que je n’ai fait que poser ici, et de résoudre divers pour nous, permettra problèmes inséparables plusieurs ques-
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HEBDOMADAIRE DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE
ULLETIN DE L’ENSEIGNEMENT MÉDICAL



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