Apports de la psychologie médicale

vendredi 24 janvier 2014
par  webmestre1
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6. Apports de la psychologie médicale

6.1. statut et rôle du médecin et du patient

6.1.1. pour le médecin on en distingue cinq principaux :

• Compétence technique

Elle est reconnue par un diplôme garantissant la capacité du médecin d’exercer sa profession au mieux des intérêts du malade, également propagée par la rumeur.

• L’attitude universaliste

Le médecin doit exercer sans distinction aucune, douleur et plainte suffisent à l’obtention des soins.

• La spécificité fonctionnelle

Le médecin a accès à la personne physique et morale, en dehors de la relation médicale l’accès au corps est motivé par l’amour ou par la haine, le secret médical est une garantie pour le patient, le médecin est déchargé de toute obligation par son statut en dehors du domaine de la maladie.

• La neutralité affective

La relation d’autorité et de dépendance est maintenue en d’étroites limites, différente des bien évidemment relations amicales, amoureuses, professionnelles, familiales, protégeant la vie privée du médecin. C’est une attitude humaine au sens large mais refusant toute approche trop personnelle avec pour corollaire que si le médecin obéit à cette règle il ne peut pas soigner ses proches.

• Attitude altruiste et désintéressement

La médecine n’est pas une activité commerciale, sa pratique doit se faire dans le désintéressement en vertu de la vulnérabilité des patients.

En résumé, nous reprenons les exigences de l’éthique médicale, discipline qui analyse la conformité de la pratique médicale à des principes philosophiques.

L’on distinguera cinq principes :

  • Le principe de bienfaisance :
    Toute intervention médicale doit procurer du mieux être, en tenant compte du rapport bénéfice/risque, des valeurs morales de chacun des protagonistes, de l’intérêt de la société.
  • le principe de non nuisance :
    Complémentaire du précédent, il se réfère au devoir du praticien de ne pas nuire au malade ou de minimiser au maximum la nuisance.
  • le principe d’autonomie :
    Il se définit comme le respect de la personne humaine, de son autonomie de choix dans la conduite de sa propre vie.
  • le principe de justice :
    Il a deux significations en médecine, justice, équité des cas similaires doivent être traités de façon similaire quels que soient l’origine sociale ou éthique du patient, et justice au sens du principe moral de partage des ressources au sein d’une même société, c’est le concept de justice distributive.
  • le principe de fidélité :
    La fidélité au devoir d’honorer les engagements, elle représente le lien unissant le patient et le médecin, qui doit faire passer les intérêts du patient avant toute autre considération.

Ces cinq principes peuvent donner lieu à des conflits de valeur, ainsi le principe de justice peut être en conflit avec lui d’autonomie le malade désirant une option que l’institution lui refuse. Les « consommateurs de soins » défendant leurs droits oublient parfois les contraintes de base du principe de justice distributive.

6.1.2. droits et devoirs du patient sont codifiés par la société :

• Exemption de la responsabilité

Par exemple, le certificat médical donne droit à un arrêt de travail ou exemptait du service militaire.

• Droit à l’aide

La maladie est un évènement involontaire
La famille du patient soigne un de ses membres même si l’état et la sécurité sociale tendent à se substituer à elle.

• Obligation de désirer de guérison

Le patient est en effet responsable de sa guérison sinon il peut perdre son statut de patient.

• Obligation de coopération

Par exemple la névrose est désormais reconnue par le psychiatre comme maladie, et est prise en charge par la sécurité sociale, au contraire le psychotique n’est pas responsable de sa maladie mais ne peut assumer l’obligation de guérir et de coopérer à sa guérison. Statut et rôle du malade peuvent échoir à quiconque, y compris au médecin. L’être malade définit par l’intermédiaire du groupe social, est différent selon que la découverte de la maladie est fortuite, lors d ’un dépistage systématique sans la présence de signes fonctionnels, alors la société crée la maladie et préconise traitement et ségrégation.
Si au contraire les signes fonctionnels sont au premier plan, le sentiment d’être malade précède l’affirmation de la maladie par le groupe social dont le médecin est le représentant.
Enfin à noter depuis quelques années le travail du Conseil d’Etat en faveur de l’information aux patients.

6.2. un modèle relationnel

D’après HOLLANDER (Cours de Psychologie Médicale du Docteur Serge REVEL 1991, Université de Poitiers), il est fondé sur l’activité et la passivité relative du médecin et du patient.

6.2.1. activité du médecin/passivité du patient :

C’est le modèle de l’urgence, et des interventions chirurgicales en psychiatrie lors des états d’agitation, des états délirants aigus. Ce modèle fait écho à la relation mère-nourrisson, si la mère ne s’en occupe pas activement alors il meurt.

6.2.2. direction par le médecin coopération du malade :

Ce modèle est fréquent et correspond le mieux à la société technique dans laquelle nous existons. Le médecin pose un diagnostic, dirige, conseille de manière plus ou moins autoritaire attendant que le patient coopère, accomplisse ce qu’il lui demande.
Le patient se rend compte de la situation, peut se faire une opinion peut juger la situation mais essentiellement obéir.
Ceci correspond à l’enfance et à l’adolescence, on attend en effet de l’enfant qu’il obéisse et des parents qu’ils soient capables de le guider.
Exemples : maladies infectieuses aigues, accidents...

6.2.3. participation mutuelle du médecin et du malade :

Modèle des maladies chroniques, réadaptations des états ou le patient peut prendre en charge son traitement avec pour exemple le diabète, les cardiopathies...
C’est un modèle complexe nécessitant un ajustement, le médecin devant évaluer le besoin momentané ou constant du patient, c’est le type de relations entre adultes.
En effet si le médecin est autoritaire avec un patient atteint d’une maladie chronique, ce comportement peut entraîner dépendance et régression de la part du patient.

Exemple :

Diabète Trouble de l’humeur

Coma Niveau 1 Accès maniaque
Médecin actif/patient passif

Niveau 2
Direction du médecin/coopération du patient
Mise au point du traitement, d’objectifs de soins, éducation et pédagogie

Niveau 3
Participation mutuelle
Adaptation par le patient de son mode de vie, régime...
Le médecin le conseille et le guide avec souplesse

Observance = croyance

6.3. La relation médecin patient

Silla M. Consoli, Professeur de Psychiatrie à l’unité médicopsychologique de l’Hôpital Pompidou, propose à travers sa recherche une approche nouvelle de la relation médecin patient.
Cette relation, structurée autour d’une demande et d’une offre de soins, lieu de compétence, de méthode et de rigueur technique, est une relation intersubjective, régie par des ressorts affectifs, qui lui confère un extraordinaire pouvoir d’influences réciproques et en font une source majeure de frustrations et de blocage, mais aussi à l’opposé de mobilisation et de motivation pour tout projet thérapeutique de longue durée.
Relation asymétrique par excellence, elle doit néanmoins être construite sur les principes d’un partenariat, visant la transmission d’un esprit et d’un savoir faire, et l’autonomie maximale possible du patient.
La relation médecin-patient est ainsi un système d’attentes réciproques. Elle est productrice d’un sens, le diagnostic et d’un décryptage du malaise vécu par un individu ainsi que d’une analyse de ses déterminants multiples, d’un soin ensuite dan toutes les acceptations de ce terme : réparation d’un dommage observé, renforcement des défenses naturelles de l’organisme, soutien moral de l’individu qui souffre, attitude attentive de prise en considération d’un sujet en difficultés.
Ainsi, quelles que soient les contingences de chaque rencontre, le malade et le médecin attendent chacun de l’autre, consciemment ou non, toute une série de comportements de qualités et de réponses largement déterminées par les représentations sociales, mais aussi par les expériences individuelles de souffrance, et d’aide interpersonnelle. Autant dire que chaque partenaire aborde la rencontre avec ses propres attentes, et que la manière anticipée dont il investit son interlocuteur, conditionne en partie ses chances d’être compris ou incompris, satisfait ou déçu.
La relation médecin patient est en bonne partie conditionnée par les attitudes adoptées par le patient face à sa maladie et par les réactions que de telles attitudes induisent chez le médecin.

Il s’agit de ne pas considérer la maladie comme réifiée, en tant qu’entité « externe » au patient, ou en tant que « mal à extirper » pour rendre le sujet à son bien être et à son « innocence » originels, mais de renouer avec la tradition hippocratique d’une vision élargie de l’individu lié à son milieu : l’Homme malade n’est ni une victime ni un coupable, artisan éventuel de son malheur, mais un être qui souffre de sa rupture d’homéostasie et de sa différence, et qu’il s’agit d’aider à se réadapter au mieux de ses capacités.

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